Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi

Milka  |  Tout le monde connaît le groupe «Dionysos» et son chanteur Mathias Malzieu. Ou du moins vous en avez entendu parler ! On aime ou on n’aime pas ! Et un chanteur qui écrit, ça m’interpelle. J’ai envie d’aller voir ! ou plutôt d’aller lire ce qu’il a à dire. Avec des préjugés, certes !
Et j’ai été surprise en bien comme disent les Vaudois ! Il nous embarque tout de suite le bougre !
Le pitch:
Comment on va faire maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi ? Qu’est-ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu’est-ce qui se passe pour toi là ? Du rien ? Du vide ? De la nuit, des choses de ciel, du réconfort ?
Mathias, une trentaine d’années mais une âme d’enfant, vient de perdre sa mère. Sans le géant qu’il rencontre sur le parking de l’hôpital, que serait-il devenu ? Giant Jack, 4,50 m, «docteur en ombrologie», soigne les gens atteints de deuil. Il donne à son protégé une ombre, des livres, la capacité de vivre encore et de rêver malgré la douleur… Il le fera grandir.
Comme je n’avais pas lu la quatrième de couverture, j’ai immédiatement pensé qu’il parlait de son propre deuil mais qu’il avait perdu sa mère très jeune tant le récit est poétique. Une âme d’enfant est tout à fait le terme qui convient pour désigner le narrateur. Sauf qu’il a écrit ce livre vers 30 ans, âge auquel il a également perdu sa mère. Et c’est là tout le paradoxe. On a tout le temps l’impression qu’il vit ce drame avec ses yeux d’enfant. Il ne tombe jamais dans le dramatique, on sent sa tristesse mais aussi son émerveillement quand il rencontre ce géant. Il réalise là une telle prouesse d’arriver à se transposer dans le monde de l’enfance. Ou alors, encore mieux, il ne l’a jamais quitté et c’est ce qui lui donne cette faculté de nous faire sans cesse penser que c’est un enfant qui nous raconte son histoire ! C’est un monde intimiste et poignant, dans la lignée des films de Tim Burton. Ce n’est pas de moi, c’est sur la quatrième de couverture mais je trouve que c’est tout à fait adapté.
J’ai beaucoup aimé, je vous le conseille. C’est poétique, plein d’innocence sans être enfantin, et ça résume assez bien le fait que nous restons toujours les gamins de nos parents, et que c’est souvent lors de leur perte que nous grandissons complètement.
Bref, courez l’acheter; comme il est paru en 2005, il existe en livre de poche. Et pas long à lire. 150 pages. Mais une petite merveille.