L’Indépendance vaudoise, ce Brexit avorté

Nicolas Leuba  |  Dans le canton de Vaud, depuis plus de deux siècles, le chiffre 24 a un goût de liberté et d’indépendance. Cette saveur s’est encore renforcée depuis un certain 24… juin 2016, date à laquelle les Britanniques ont choisi de quitter l’Union européenne, choisissant le chemin incertain de l’indépendance vis-à-vis de Bruxelles. A l’image du Pays de Vaud célébrant «son» 24 janvier autour d’un papet vaudois et d’un verre de blanc, verra-t-on un jour la Grande Bretagne célébrer «son» 24 juin autour d’un fish and chips et d’une pinte de bière? Pas sûr vu le casse-tête auquel les autorités britanniques doivent faire face… Cela étant, le besoin de liberté, de s’affranchir de certains jougs, a toujours fait partie de l’histoire des peuples. La Catalogne ou la Corse, notamment, sont là pour en témoigner aujourd’hui. Le Pays de Vaud, lui, n’est pas allé «jusqu’au bout», jusqu’à l’indépendance totale. Il a su faire preuve de mesure et du bon sens qu’on lui envie souvent. Libéré du joug bernois par les Français en 1798, le Pays de Vaud n’a pas pour autant choisi de faire cavalier seul. Le 14 avril 1803, au terme d’une période de transition, il devient un canton à part entière de la Confédération suisse. Car ensemble, nous le savons tout particulièrement en Suisse, nous sommes plus forts. Nos cantons sont dotés de nombreux pouvoirs, notamment exécutifs et législatifs, se gèrent eux-mêmes pour bonne part, mais mettent aussi leurs forces en commun selon le principe de solidarité. Un pour tous, tous pour un.  Le 24 janvier 1798 est donc sans doute un «Brexit avorté». Mais c’est tant mieux. Car si la Suisse et ses cantons sont aussi prospères, c’est notamment grâce à notre modèle confédéral, qui a largement fait ses preuves.