L’Evangile de Marc traduit en patois vaudois

ML  |  Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le parler couramment pratiqué dans la vie quotidienne des Vaudois était le patois. Héritier du gaulois et du latin, ce langage était le vecteur de prédilection que certains pasteurs choisissaient pour apporter le message de l’Evangile à leurs paroissiens. Or, en 1806, interdiction fut faite de parler patois dans les écoles. En conséquence, le patois disparut peu à peu de nos campagnes jusqu’à ce qu’une réaction se manifestât et se concrétisât par la création de plusieurs Amicales régionales chapeautées en 1953 par l’AVAP (Association vaudoise des amis du patois).
Les Psaumes en patois
Membre de l’Amicale des patoisants de Savigny, Forel et environs, le pasteur Pierre Guex, la retraite venue, éprouva le besoin de se réapproprier le langage entendu durant son enfance dans la ferme familiale de Carrouge. Parvenu à la maîtrise de ce parler, le pasteur Guex se sentit inspiré par l’écriture et se mit à traduire les Psaumes en patois. Ce travail accompli et édité, il désira poursuivre dans cette voie par la traduction de l’Evangile de Marc, entreprise à laquelle il tint à associer son «élève» et collègue, le pasteur Daniel Corbaz. Hélas, la maladie puis son décès ne permirent pas au pasteur Guex de mener son projet à terme, et c’est seul que le pasteur Corbaz termina le travail qui, sous l’intitulé de «L’Evandzîlo d’aprî Marc», vient de sortir de presse aux Editions «Ouverture» de Jean-Samuel Grand au Mont-sur-Lausanne.
Une petite fête, réunissant chez l’imprimeur: traducteur, correcteurs, proches des pasteurs Guex et Corbaz, a noué la gerbe de cette œuvre traduite dans ce langage que Frédéric Mistral dénommait subtilement «le miel des paraboles». Vous désirez y goûter? Une adresse: Henri Niggeler, Passage du Clos-d’Amont 2, 1554 Sédeilles.