L’étape Maguri sur la route de Chabag

JMB  |  Maguri? Kékséksa? A mi-chemin entre Chexbres et Chabag sur la mer Noire, Maguri est un village roumain perché sur la crête des Carpates occidentales, non loin de Cluj Napoca. Rappelez-vous: en 1990, un grand mouvement de solidarité s’était manifesté dans les pays francophones en faveur des villages roumains que la dictature communiste de Ceaucescu vouait à la disparition. Chexbres avait alors «adopté» Maguri et au printemps 1990 une cohorte de véhicules chargés d’habits, d’aliments pour nouveau-nés, de matériel médical et scolaire, de jouets et d’un énorme œuf en chocolat offert par la confiserie Moutarlier, arrivait jusqu’au village à la veille des Pâques orthodoxes.

Un quart de siècle plus tard, une équipe est retournée sur place pour faire revivre cette aventure et les souvenirs qui lui sont liés. Il en est résulté un film réalisé par Claude Cellier pour l’épisode 1990 et François Bovy pour celui de 2015. Il sera projeté le dimanche 6 novembre à 14h à la Grande Salle/Cinéma de Chexbres (entrée libre). On peut notamment voir comment les habitants de Maguri continuent de fabriquer du gruyère selon la recette apportée de Suisse il y a plus de 20 ans.

La rude beauté des paysages et les scènes bucoliques de la vie des gens de Maguri ont aussi été fixées sur la pellicule par Daniel Chappuis, un des acteurs de la première heure de cette aventure de solidarité. On pourra admirer une partie de sa collection de photos sur les murs du restaurant du festival, en même temps que l’on dégustera des plats typiquement roumains.

Tout au long de ce premier week-end du festival, la Roumanie restera très présente. Par la musique surtout. A commencer par le concert «Musiques de Roumanie et d’ailleurs» donné à l’église de Chexbres en création par Jeanne Gollut à la flûte et Alexandre Cellier à l’orgue et au piano (vendredi 4 novembre à 20h30). L’hommage rendu à Marcel Cellier se poursuivra le lendemain par une projection spéciale (hors programme) du film «Balkan Melodie», qui montre comment Marcel et Catherine Cellier ont découvert pour nous le fabuleux patrimoine musical des pays de l’Est, gardé intact derrière le rideau de fer. (Samedi 5, deux séances à 17h et 19h à la Salle du Conseil, entrée libre).

Le lendemain, dimanche 6 novembre, les amateurs de folklore roumain authentique se laisseront emporter par les rythmes de l’ensemble Stefan Voda de Moldavie (grande salle à 15h). Ce groupe, souvent primé dans son pays, est l’un des derniers à jouer encore sur d’anciens instruments typiques, comme la cobza et le bucium. Si l’on ajoute le concert donné le matin au temple de Chexbres à 10h30 par le Chœur Yaroslavl, qui débutera son programme par quelques chants orthodoxes roumains (avec la participation de Fedor Tarassov, soliste basse du Bolchoï de Moscou), c’est à un merveilleux échantillon de culture roumaine que l’on pourra assister cette fin de semaine.

Infos:  Forfait pour tous les concerts du jour du Caveau et de l’église 30.– (membres de l’Accroch’cœur 20.-). Forfait pour tous les concerts du jour

uniquement au Caveau Fr. 20.- (membres Fr. 15 .-). Le festival est gratuit pour les moins de 7 ans et demi-tarif pour les moins de 16 ans.

Le cinéma est à prix unique de 8 .-, la séance. Entrée libre pour les projections de « Balkan Melodie » et de « Maguri – village roumain ».