Les Thioleyres – Frédéric Isoz quitte la Municipalité

Après 18 ans de dévouement pour la cause publique

Gil. Colliard | C’est à vélo électrique que Frédéric Isoz est arrivé à notre rendez-vous. Le nouveau retraité de la vie politique, à la carrure incarnant la force tranquille, a volontiers répondu à quelques questions quant à sa décision de quitter l’exécutif d’Oron au 30 juin dernier, en milieu de législature.

Le Courrier: Frédéric Isoz, en premier lieu, quel a été votre parcours personnel, qui êtes-vous? F.I : je viens de Château-d’Oex où j’ai vu le jour le 19 juin 1951. Après ma scolarité, j’ai fait l’apprentissage de forgeron-mécanicien sur machines agricoles aux Moulins. Suivant les cours professionnels avec Jean-Pierre Stauffer, CFC en poche, je suis venu travailler une année aux Thioleyres dans l’entreprise de machines agricoles Samuel Stauffer SA. Je suis reparti aux Diablerets où je m’y suis marié avant de revenir définitivement aux Thioleyres en 1973 reprendre un poste chez mon premier employeur. En 1984, j’ai ouvert mon entreprise de vente et pose de façades en aluminium, volets et fenêtres. Aujourd’hui, si j’ai abandonné la pose, je continue la représentation et la surveillance de chantiers. Aux Thioleyres, j’ai construit ma maison où ont grandi nos 4 filles. Avec mon épouse Ginette, nous avons, en liaison avec le SPJ, servi de famille d’accueil et de dépannage pour une bonne trentaine d’enfants en situations délicates pendant plus de 30 ans et nous faisons toujours l’accueil de jour, avec de grandes tablées lors des repas de midi. 

Le Courrier: comment êtes-vous arrivé à prendre part activement à la vie politique? F.I.: à mon arrivée dans la commune des Thioleyres, j’ai fait un passage au Conseil général. En 2002, j’ai été sollicité à me présenter aux élections municipales où j’ai été élu. Puis en 2006, j’ai repris la place de syndic qui se libérait. En 2012, après avoir participé au processus de fusion, j’ai fait partie de la première Municipalité d’Oron, en assumant les dicastères de l’eau dans tous ses états: potable, claire, usée, l’éclairage publique et le développement de la fibre optique. Mon intention première était de ne faire qu’une législature, mais au vu de tous les projets en cours pour le réseau d’eau et pour la liaison des eaux usées d’Ecoteaux au VOG, je me suis représenté.

Le Courrier: comment avez-vous vécu le changement entre syndic d’un petit village et municipal d’une grande commune? F.I.: ce sont deux fonctions bien différentes à laquelle il faut ajouter l’évolution importante de la société, de la technologie et de la fonction. Les exigences demandées aux élus sont toujours plus importantes. Il y a une grosse différence entre un Conseil général et un Conseil communal. Il faut toujours plus de rapports, de comptes-rendus de «papiers». Chaque projet doit passer devant plusieurs commissions souvent agressives dans leurs propos, qui déstabilisent et peuvent engendrer un certain manque de confiance en soi.

Le Courrier: quels sont vos principaux projets réalisés, hormis le fait que vous avez été à l’origine des compteurs d’eau avec relevé à distance et de la première station de recharge pour véhicules électriques à Oron? F.I.: j’ai également fait partie du comité de direction du VOG (eaux usées), et de la commission technique du nouveau collecteur reliant Oron-le-Châtel à Promasens. La fibre optique a été amenée à Ecoteaux. Les eaux potables d’Ecoteaux ont été introduites dans le réseau communal. Tous les travaux d’assainissement des conduites effectués au fil des années contribuent à diminuer les fuites. Malgré les lenteurs dues aux différentes exigences administratives, les travaux inhérents à l’avancement du Plan directeur de la distribution de l’eau (PDDE) ont avancé. 

Le Courrier: qu’avez-vous retiré de ces années? F.I.: j’ai eu énormément de plaisir et appris beaucoup de choses. C’est une formation «sur le tas» très positive. On apprend à connaître ses concitoyens. Il faut convenir que c’est aussi une fonction qui apporte un bénéfice à son entreprise privée. Au niveau ambiance avec les collègues, elle a toujours été excellente que ce soit dans l’une ou l’autre des fonctions. 

Le Courrier: qu’est-ce qui a motivé votre retrait? F.I.: la charge devenait trop lourde. De plus, en ce début d’année, plusieurs amis et collègues sont décédés. Cela m’a fait réfléchir et j’en ai conclu qu’il était temps pour moi de songer à la retraite. Je pense aussi que c’est une bonne occasion pour mes collègues de mettre un peu de sang neuf dans leurs rangs avant la fin de cette législature.

Le Courrier: quels sont vos projets d’avenir? F.I.: je désire profiter de ma famille de ma petite-fille qui aura bientôt une année, de mon camping-car, de voyager et de la vie, tout simplement, tant que la santé est là.  

Afin de connaître la réaction de la Municipalité face à cette démission, nous avons pris contact avec Philippe Modoux, syndic. Le Courrier: comment avez-vous pris cette décision? Ph. M.: cela a été une surprise! Mais il est vrai que les dicastères des eaux sont compliqués. Il a fallu intégrer le réseau d’eau des 10 communes, géré par le SIDEHB, à la nouvelle commune. Changer un bout de tuyau nécessite de nombreuses demandes. Les bureaux techniques doivent être activés pour faire avancer les projets. Plus d’une vingtaine de préavis ont été élaborés pour le seul réseau d’eau et plusieurs pour celui de l’épuration. Bien des travaux ont été réalisés. Mais ce n’est certainement pas négatif de voir venir une nouvelle personne en cours de législature.

Le Courrier: comment décririez-vous le côté relationnel? Ph. M.: il a été un collègue jovial et sympathique. Son caractère lui permettait de jouer le jeu de la collégialité, même s’il était d’un avis contraire sur certain sujet. Il a toujours été franc mais pas rancunier.

Le Courrier: pouvez-vous nous donner des informations quant aux futures élections? Ph. M.: pour l’élection du ou de la futur(e) membre de la Municipalité, l’échéance du dépôt des listes est agendée au 24 octobre prochain, selon les indications fournies par la Préfecture. L’élection aura lieu le 24 novembre. Il ne peut pas y avoir d’élections municipales pendant les élections du National (le 20 octobre 2019).

Le Courrier: y a-t-il déjà des personnes qui se profilent et que se passera-t-il au niveau des dicastères? Ph. M.: pour l’instant, il n’y a rien. Ce sera calme jusqu’en octobre. Je pense que chaque parti présentera son candidat. Dès son élection, la personne pourra entrer en fonction de suite. Pour les dicastères, tout dépendra de l’élu. Bien que chacun tienne aux tâches dont il a la charge, la discussion sera ouverte.  

Tout en remerciant les deux intervenants pour leur disponibilité, Le Courrier souhaite ses bons vœux à Frédéric Isoz, pour une retraite longue et heureuse.