Les impressions du petit Nicolat: la course d’école

Aujourd’hui, on a été en course d’école. Quand la maîtresse a dit qu’on allait faire une course d’école, Coralie a demandé si on était obligé de faire. Comme la maîtresse a répondu que oui, Coralie s’est mise à pleurer et elle a dit qu’elle aimait pas la course. Elle est pas très forte en course Coralie, mais mon frère qui est plus grand, il dit qu’elle est un peu forte. La maîtresse a expliqué qu’on disait une course d’école, mais que c’était pas une course, qu’on allait griller des saucisses sur des bâtons dans un vrai feu, qu’on taillerait des vrais bâtons avec son vrai opinel à elle et qu’on grillerait aussi des vrais «chats mâles au… ». J’ai pas compris la fin, mais la maîtresse a dit que ça, c’était cool. Du coup, Coralie a arrêté de pleurer et on était tout content d’aller dans cette forêt, même si elle était  un peu loin. On devait prendre un train d’abord et encore visiter un château avant.

A la gare, mon copain Nathan a essayé tous les boutons de l’automate et quand tout a été en allemand, il a été bien embêté pour choisir ses chicklets. Finalement, il a mangé toutes celles qu’il avait dans son pique-nique et il en a donné qu’à ses meilleurs potes. Après, on a fait un concours de bulles et après on a fait un concours de craché de chicklets sur les rails. On voulait voir comment ça faisait quand le train aurait passé dessus. Marco a dit que c’était interdit et que si on mettait des choses sur les voies, ça faisait dérailler un train, alors on était quand même un peu inquiets. On a pas pu voir comment ça faisait, parce que quand le train est arrivé, notre wagon était tout devant et les chicklets étaient plutôt derrière et là, on a quand même dû courir un peu et Coralie aussi, mais le train, il a pas déraillé.

Le train, c’était bien. On voulait tous aller aux toilettes pour essayer de marcher dans le couloir sans tomber et les filles hurlaient à chaque fois qu’on croisait un autre train ou qu’on passait dans un tunnel. On faisait un boucan du tonnerre. On a essayé les tablettes, les poubelles, les stores, on a tout testé pour voir si c’était bien solide. Les autres voyageurs, ils voulaient savoir où on allait et ils avaient l’air plutôt contents quand ils savaient. En tout cas quand on est descendu du train, il y en a plein qui ont dit à la maîtresse qu’ils l’admiraient, mais… c’est notre maîtresse à nous! Après, on a visité un château, mais c’était nul, on pouvait  surtout rien toucher et pas s’asseoir sur les fauteuils. Les gens sur les peintures d’époque, ils rigolaient pas parce qu’ils avaient des dents pourries toutes noires. C’est le monsieur du château qui nous a dit. On doit bien se brosser les dents.

Après on est allé dans cette fameuse forêt et ça a été toute une histoire de trouver les bâtons sans se bagarrer, de les tailler et on a appris à faire des cochons avec des cervelas et il y a des saucisses qui sont tombées dans le feu, d’autres qui se sont croisées ou échangées. Coralie disait que sa saucisse était blanche, mais y avait plus de blanche, alors elle a pleuré. Marco s’est ramené avec sa côtelette à griller et ça ressemblait à un drapeau au bout de son bâton et ça nous a tous fait rigoler, sauf la maîtresse. Je saurai jamais comment c’est les «chats mâles au grillé», parce que la maîtresse les avait oubliés. Quand je suis rentré, maman a voulu savoir où on était allés, j’ai été très content de lui dire qu’on avait pris un train, qu’on avait visité un château, le seul truc que je me rappelais c’est qu’on était allé à la Forêt des Saucisses et ça… c’était monstre bien!!!

Nicolas 7 ans et demi

Propos recueillis par Rosane Schlup