Les dessertes sont servies !

Raymond Bouchon | Economie forestière Suisse (EFS), organisation faîtière des propriétaires de forêts, se réjouit de la reconnaissance dont bénéficient la forêt et le bois suisses. Dans le cadre de la révision de la loi sur les forêts, le Conseil national a adopté plusieurs mesures de soutien à l’économie forestière.
Une aide pour les dessertes forestières hors des forêts protectrices en fait partie.
«Voilà un beau jour pour la forêt suisse!», s’est félicité le conseiller national Max Binder, président de l’EFS, à l’issue des cinq heures de débats que le Conseil national a consacrés à la loi sur les forêts, le 16 septembre. Dans l’ensemble, les décisions prises sont très importantes, positives, aussi bien pour la forêt elle-même que pour l’ensemble de la filière forêt-bois. Max Binder en est persuadé: «En échange d’un investissement relativement modeste, la Confédération s’assure un dividende substantiel: une forêt robuste, pleine de vie et apte à remplir les fonctions qu’on attend d’elle».
Les nouveaux articles de la loi (34a et b) relatifs à la promotion du bois suisse et à son utilisation dans les constructions publiques ont été adoptés à une très large majorité. De surcroît, la nouvelle loi prévoit que la Confédération puisse accorder son soutien aux mesures d’adaptation de la forêt aux changements climatiques; elle légalise l’octroi d’aides pour lutter contre les organismes nuisibles dans l’ensemble des surfaces forestières. Mais le Conseil national a malheureusement refusé, une nouvelle fois, d’instituer une possibilité de dédommagement pour les prestations forestières en faveur du climat, sous forme d’un «Fonds CO2» par exemple.

Oui à des dessertes raisonnables
L’économie forestière salue particulièrement l’adoption, par 100 voix contre 71, de la proposition concernant les dessertes forestières (art. 38a al.1 lettre g). De l’avis du Conseil national, l’assainissement et les extensions ponctuelles de voies d’accès pour l’utilisation de câbles-grues devraient à nouveau pouvoir bénéficier d’un soutien fédéral, y compris hors des forêts protectrices. Convaincus sur le principe qu’il est possible d’améliorer substantiellement l’exploitation du potentiel de production des forêts grâce aux dessertes, les parlementaires ont finalement accepté l’objet qui prévoit une dépense (8 millions de francs par an) relativement modeste. La réalisation de dessertes se limite toujours au strict minimum indispensable et obéit aux maîtres mots «nécessité, simplicité, efficacité».
Reste maintenant à convaincre le Conseil des Etats qui, le printemps dernier, a refusé cette demande, pour des motifs essentiellement de politique financière. La révision de la loi sur les forêts devrait revenir à la Chambre Haute lors de la session d’hiver. Economie forestière Suisse continuera à s’engager pour faire valoir les intérêts des propriétaires forestiers dans la suite des discussions.