Le vignoble de Lavaux vu depuis «La Demoiselle»

Jean-Gabriel Linder  |  Samedi 28 mai, avec un soleil radieux, une barque du Léman, La Demoiselle, quittait son port d’attache du canal de l’Eau Froide à Noville-Villeneuve emmenant à son bord des membres de l’Association du Vieux Lavaux (AVL).

La Demoiselle est une réplique d’une barque homonyme de 1830, aux lignes élégantes de l’époque romantique comme se plaît à le rappeler son «patron», Christian Reymond. C’est lui, un instituteur navigateur au long cours, qui imagina pour ses élèves de réaliser le premier voilier école de Suisse. En 2011, la certification de navigation pour des passagers faisait aboutir son rêve de 1995 soutenu par le travail de nombreux appuis enthousiastes, rassemblés dans l’association «La Barque des enfants» (www.labarque.ch). Avec des mâts et des antennes culminant à près de 27 mètres – gréement de voiles latines –, une longueur d’environ trente mètres pour près de neuf mètres de largeur, la barque a fière et belle allure.

Après une brève escale à l’embarcadère de Vevey-Plan, la barque longea le Dézaley, traversa le golfe de Cully, pour aller virer de bord au large de Lutry. Bernadette Gross, spécialiste en  microtoponymie viticole, expliqua au passage quelques noms dont Glérolles et Grandvaux rappelant la terre graveleuse des lieux, tandis qu’Emmanuel Reynard, spécialiste en géomorphologie, faisait observer les rochers en escalier particuliers à Lavaux: le résultat de la formation des Alpes suite à la rencontre des deux grandes plaques tectoniques de l’Europe et de l’Afrique; ces roches sédimentaires et détritiques étaient venues s’amonceler sur le bassin molassique issu des sables d’un océan tropical, il y a quarante millions d’années. Beaucoup plus tard, au cours des deux derniers millions d’années qui précèdent notre histoire, le glacier du Rhône creusa le paysage lui imprimant sa pente actuelle. Aujourd’hui les «marches» de cette roche surnommée «poudingue» ont été artificiellement profondément ancrées par les vignerons, pour éviter leur écroulement dans les terrasses de vignes dont les racines s’enfoncent à travers terre et gravier jusqu’à la molasse voire à l’argile.

Une collation appréciée des participants agrémenta encore la balade lacustre de l’AVL à la découverte des particularités préhistoriques et historiques de Lavaux.