Le sang d’une autre Dominique Van Cotthem – Editions Les nouveaux auteurs

Milka  |  L’histoire débute en Espagne, dans le berceau du flamenco. On découvre cette danseuse qui donne tout, que tout le monde admire pour son art, bien que ce ne soit pas inné chez elle. On sent tout de suite que bien que douée, c’est à force de sueur et de travail qu’elle en est arrivée là. Elle a tout donné, mais tout abandonné aussi, tout laissé derrière elle pour oublier et s’immerger totalement dans ce pays et cet art sans lequel elle ne peut vivre. Mais à force de vouloir laisser le passé derrière soi, c’est parfois lui qui vous rattrape. Au détour d’une rue, sans crier gare. Anne-Marie a 70 ans. A la mort de son mari, elle décide de révéler à sa fille un secret de famille afin qu’elle ne se pose jamais de questions sur ses origines. Elle lui révèle avoir fui la Belgique pour se rendre en Espagne, dans la ville d’Avila, ville de Sainte Thérèse, sans but et sans point de chute. Pourquoi Avila? Parce qu’elle a été marquée par le récit de Sainte-Thérèse. Mais c’est sans compter sur le hasard qui fait parfois si bien les choses et qui va mettre sur sa route une femme merveilleuse qui va lui apporter une famille et un nid pour se reconstruire. Et le hasard ne s’arrête jamais là où l’on croit et va remettre sur sa route de vieilles connaissances qui vont lui parler du grand amour qu’elle a quitté et qui est actuellement dans le coma en Belgique. Elle décide alors de retourner dans son passé et dans sa Belgique natale. Pour deux jours. Du moins c’est ce qu’elle pensait. Mais les choses lui apparaissent si évidentes qu’elle va décider de rester auprès de cet homme qu’elle n’a jamais cessé d’aimer. Et l’aimera jusqu’à sa mort. Elle va replonger dans ses souvenirs et nous éclairer sur les motifs profonds qui l’ont forcée à partir. Elle va révéler à sa fille un lourd mensonge qui a empoisonné toute son existence. C’est un roman qui démarre doucement, malgré le feu et la passion de l’Espagne et du flamenco, Puis, tout à coup, on est pris dans ce récit, au point de ne plus le lâcher. C’est le premier roman de Dominique Van Cotthem, mais c’est un bon roman. Elle a travaillé dans l’art floral pendant plusieurs années, et finalement ce n’est pas étonnant. Elle met en place son roman comme on mettrait un bouquet de fleurs dans un vase, puis elle revient sur des pans de l’histoire, donne des précisions, un peu comme on remettrait quelques fleurs en place, les brassant quelque peu pour que toutes puissent s’épanouir. Un beau roman, une auteure que je vais suivre, si elle décide de continuer, ce que j’espère. Elle a reçu pour ce livre le prix littéraire du magazine «Femme actuelle.»