Le poêle en céramique jouit encore d’un prestige exceptionnel

Gérard Bourquenoud  |  L’art du poêlier date du XVIIIe siècle dont le développement architectural s’est surtout répandu dans les maisons bourgeoises avec ses exigences accrues dans le domaine de l’habitat où il avait comme objectif principal de chauffer appartements et autres locaux. Après avoir joué ce rôle pratique, le poêle en céramique est devenu depuis déjà quelques décennies, un bel objet décoratif, témoin d’un passé artisanal fécond, mais aussi d’un art de vie d’une certaine époque.  La Suisse en a fait un large usage, même s’il était plus coûteux à la fabrication que la cheminée à feu, étant donné qu’il économisait du combustible et diffusait une chaleur régulière et douce. Sa vogue était en partie déterminée par la cherté et la rareté du bois.

La plupart de ces poêles sont décorés de reliefs ou même de peintures tous réalisés à la main, alors que leur surface est protégée par de l’émaillage  qui leur confère un éclat particulier, pour ne pas dire une inaltérabilité incomparable. Comme ses voisins, le pays de Fribourg a manifesté très tôt son intérêt à la fabrication de ses propres poêles qui étaient au nombre de plusieurs centaines dans le canton. A l’heure actuelle, ils contribuent à l’embellissement des maisons bourgeoises et jouissent d’un prestige qui va demeurer encore des siècles, grâce à des gens qui sont très sensibles et attachées à ce patrimoine d’antan.