Le peintre Wilhelm Gimmi à l’honneur

A l’Atelier De Grandi jusqu’au 1er juillet

Saint-Gervais, Paris

Pierre Jeanneret  |  Nous avions déjà signalé dans ce journal l’ouverture d’un nouvel espace muséal dans notre région (Le Courrier No 39 du 19 octobre 2017): l’Atelier De Grandi, prioritairement voué à perpétuer l’oeuvre de deux frères: Italo et Vincent De Grandi. Deux salles d’exposition permanente leur sont consacrées. Mais ce musée a aussi pour but d’accueillir des expositions temporaires, consacrées à des peintres disparus, et parfois injustement oubliés. C’est le cas de Wilhelm Gimmi (1886-1965), dont les anciens habitants de Chexbres se souviennent peut-être encore, car il a résidé dans cette localité de 1940 à sa mort. Gimmi est né à Zurich. Après une formation artistique dans cette ville, il gagne Paris en 1908. Il y résidera pendant trente-deux ans. Il s’intéresse à l’art contemporain et subit l’influence du fauvisme, du cubisme, de l’expressionnisme. Pendant les années 1910-1920, plusieurs styles coexistent en lui. Puis, il se dégagera de ces influences, trouvant son style personnel. Les années parisiennes lui apportent la renommée et le succès commercial. Mais en 1940, à cause de la débâcle française, il est contraint de revenir en Suisse et s’installe en Lavaux. Les premières années seront difficiles: il doit retrouver une clientèle.

Le peintre de la femme 

Gimmi 1926

L’exposition de l’Atelier De Grandi, basée sur le fonds Gimmi déposé au Musée Jenisch à Vevey, permet de parcourir toute son activité artistique. On y trouve des tableaux montrant des quartiers de Paris et des paysages de France. Le peintre a réalisé aussi de belles natures mortes. Il s’est surtout affirmé comme portraitiste. Mais Gimmi restera d’abord comme le peintre de la femme. Ses corps et ses bustes sont opulents, voluptueux, magnifiquement galbés. Il a sublimé le nu féminin, représentant ses modèles souvent de dos, donc non reconnaissables. Comme s’il voulait peindre non une femme particulière, mais la quintessence de la féminité. L’exposition montre aussi de nombreux dessins préparatoires. On y retrouve cette importance accordée aux formes, au modelé des corps. C’est presque un regard de sculpteur. En ce qui concerne sa période créatrice en Lavaux, il s’est intéressé moins aux paysages sublimes qu’au travail quotidien des vignerons. On parcourra avec plaisir cette oeuvre très personnelle, sereine, qui défie le temps. Rappelons encore que la maison elle-même qui abrite l’exposition, l’Atelier De Grandi, est un bel exemple d’architecture contemporaine, inspirée par Le Corbusier. Elle a été construite en 1939 par le grand architecte suisse Alberto Sartoris.

« Gimmi » Atelier De Grandi, Chemin d’Entre-deux-Villes 7, 1802 Corseaux/Vevey, jusqu’au 1er juillet, ouvert du jeudi au dimanche de 13h30 à 18h

Gimmi Stoucki