Le monde de l’artisana: Stéphanie Dufresne, sellerie : artisane du cuir et du textile

Nathalie Michlig  |  Stéphanie Dufresne, jeune femme de 25 ans maintenant, a grandi au sein d’une famille d’agriculteurs du Chablais vaudois, à Roche. Au milieu des animaux, entre élevages de vaches, puis de chevaux. C’est ainsi qu’au fil de sa jeunesse, prit place en elle une passion, celle du monde équin. Elle apprit très tôt à monter à cheval et à en prendre soin, de l’entretien des boxes à la mise au parc. Entre observations et cours en manège, vint la rencontre avec Nina, une jument, avec qui elle tisse depuis plusieurs années des liens forts et privilégiés aux rythmes de la vie, communiquant avec sensibilité et intuitivité. Jeune femme de caractère, sachant ce qu’elle se veut; à ses heures, solitaire, cavalière se ressourçant en balade au cœur de la nature. Des moments magiques et apaisants, comme elle nous le raconte. Elle caresse ce rêve d’avoir une ferme avec des animaux et surtout des chevaux. Après un apprentissage de peintre en bâtiment et diverses expériences dans le domaine social, elle eut connaissance du métier de sellerie. Elle n’avait pas imaginé que cette passion du monde équin puisse ouvrir sur un métier. Ce fut un déclic. Durant trois années, elle se forma à Vuadens. Puis, de Roche, elle se rapprocha de son lieu d’apprentissage et emmena sa jument Nina et son poney Poupette en terres fribourgeoises. Un métier où le savoir-faire et les techniques se réalisent principalement à la main et à la machine à coudre. Ses mains ont dû s’y habituer, entre cornes aux doigts et crevasses. Les outils de sellerie sont proches de ceux de la cordonnerie. Les alènes, pointes de fer rondes et tranchantes, servent à percer le cuir pour le coudre. Les abat-carré, de grandeurs différentes, servent à casser l’arête du cuir afin d’en rendre les bords plus arrondis et souples aussi. Couteau en demi-lune, tranchante lame coupant avec précision le cuir. Des outils en bois aussi, pour couper des lanières. Entre ciseaux, aiguilles de toutes sortes, rondes à leur extrémité, et machine industrielle. Entre bobines de fils de coton ciré et rouleaux de cuir, bruns, noirs et blancs. Un métier créatif exigeant minutie et précision. La durée de réalisation d’un objet variant en fonction de celui-ci et de sa complexité, d’une heure à plus de six mois pour créer une selle par exemple. Actuellement, sa vie professionnelle s’articule entre un 50% dans une ferme thérapeutique accueillant des jeunes en difficulté, où elle s’occupe des chevaux et divers animaux, ainsi qu’un atelier qu’elle installa au début en son appartement avec une vieille Singer à pied. Depuis quelques semaines, est ouvert un nouvel atelier en un espace polyvalent à Oron, route de Palézieux. Sellerie Stéphanie propose toutes sortes de réparation et création, des harnais aux guêtres, divers accessoires d’équitation et petits matériels en cuir, porte-clés, bourses, ceintures et chaînettes. N’hésitez pas à la contacter pour plus d’infos au 079 472 16 68 ou sur www.selleriestephanie.ch