Le monde de l’artisan: Marc-Etienne Caillat Forgeron de sonnailles

Nathalie Michlig  |  Marc-Etienne Caillat grandit entre le Nord vaudois et Epalinges, passant toutes ses vacances à la campagne, dans une ferme. Petit-fils de forgeron, c’est avec sensibilité et amour qu’il nous parle de sa passion, celle des cloches de sonnailles. Apprentissage de mécanicien agricole à Savigny, et diverses expériences professionnelles auprès d’un paysagiste et de la voirie. Habitant en famille à Vuibroye depuis quelques années. Aimant les machines de chantiers, travailler les métaux et la construction métallique, il monta sa petite entreprise en 2008. Puis, il eut il y a 4 ans, l’opportunité de reprendre une forge de sonnailles avec tout le matériel. Au fil de plusieurs hivers, il apprit ce savoir-faire. Forger une cloche est en lien étroit avec une tradition folklorique helvétique ainsi qu’avec des secrets de fabrication, se transmettant généralement par
voie orale de père en fils. Depuis 4 années, il a installé son atelier aux Tavernes. Huit mois par an, Marc-Etienne Caillat travaille dans l’aménagement extérieur, et 4 mois en période hivernale, il est forgeron de sonnailles. Les cloches sont appelées différemment en fonction des régions: sonnettes, chenailles ou toupins. Symboliques de chasser les mauvais esprits en hiver ou repérer le bétail et chasser les serpents. Les grosses cloches étant pour les festives inalpes et désalpes. Forger une cloche à toupin en tôle, comme il nous le raconte, n’est pas du tout la même chose que fondre une cloche. En son atelier moules et modèles de différentes sortes et grandeurs. Un processus d’une journée et d’environ 70 heures de travail avec courroie brodée. Pour créer un toupin, le forgeron utilise des plaques de tôle en acier, et à l’aide d’une cisaille, en coupe le gabarit. Allume le feu avec divers combustibles, température pouvant s’élever à 1200°, y plonge une première moitié; la saisissant lorsqu’elle est rouge, pour la sculpter avec une masse au cœur d’un moule, avec poigne et vitalité. Idem avec la deuxième moitié, puis les emboîte l’une dans l’autre et les assemble afin qu’elles soient identiques. Sculpte à chaud, et martèle à froid. Brasage avec du laiton pour les soudures d’accrochage, en cartouches de fusil écrasées, et finitions. Endurance, précision, résistance physique aux températures élevées et inhalation de fumée. Une cloche ayant un poids d’environ 15 kg. Artisanat d’art et beauté de l’objet, création hors du commun. Collectant depuis ses 18 ans, de bouche à oreille, d’inestimables et rares cloches. Un des fondateurs des sonneurs de cloche des hauts de Lavaux. C’est non sans une grande émotion que Marc-Etienne livre à ses clients une cloche personnalisée au son unique, symbolisant attachement aux racines et traditions suisses. Il crée des toupins de toutes sortes; fabrique battants, supports et rivages, y appose sa signature et son logo, celle d’une tête de cerf. Propose également des sonnailles clé-en-main, cloche et cuir compris, sur demande et sur mesure. Il collabore avec un sellier (cuir et broderie), un peintre pour les inscriptions et les saynètes traditionnelles. Sonnailles pour animaux ou événements particuliers (mariage, anniversaire, etc.) ou en décoration. N’hésitez pas à le contacter pour plus d’informations au 079 784 30 88.