Le Cully-Jazz dévoile sa programmation

Colette Ramsauer  |  Du 13 au 21 avril, la bourgade en Lavaux vibrera une fois de plus aux sons jazz, groove, soul ou encore world. Figures emblématiques et nouveaux talents raviront les festivaliers au Chapiteau, au Temple, au Next, dans les cafés et caveaux, proposant 39 concerts payants pour le IN et plus de 100 gratuits pour le OFF, force essentielle du festival. La semaine dernière, le comité de programmation dévoilait un panorama exigeant et accessible du jazz actuel.

Volée de grands artistes

Parmi les têtes d’affiche de cette 36e édition, on verra: Amadou & Mariam Shai Maestro, duo malien incontournable, pour la première fois à Cully; le saxophoniste Joshua Redmann qui rejoint le trio luxembourgeois Reus Demuth; le trompettiste californien Ambrose Akinmusire, 35 ans et déjà 20 ans de carrière; le trio Ponty-Lagrène-Eastwood, trois virtuoses de cordes, exceptionnel; la chanteuse compositrice Fatoumata Diawara que rejoint le musicien français Matthieu Chedid, fils de; un jeune musicien polyvalent néo-zélandais Jordan Rakei; le trio GoGo Penguin pour une musique inédite «electronica accoustique.»

Rencontres

Le Cully Jazz permet des rencontres impromptues. Deux musiciens romands de haut vol, le trompettiste Matthieu Michel et le pianiste Stefan Aeby qui s’emparera de l’orgue seront au Temple, dimanche 14 à16h; le clarinettiste Davis Kraukauer avec la pianiste Kathleen Tagg redéfinissant les possibilités sonores de leur instrument, lundi 16 à 21h. Un jeune talent à ne pas manquer est certainement le trompettiste Shems Bendali, étudiant à la HEMU de Lausanne, une révélation de sa génération. Il rejoint le ChoukChouk Brass Band et The Big Tusk au caveau Mélanie Weber, les 19 et 20 avril.

Pléthore de voix

L’édition 2018 voit s’imposer en nombre et qualité, les voix de grandes chanteuses du jazz actuel. Les qualificatifs ne manquent pas pour les voix de Lizz Wright, Lisa Simone, Youn Sun Nah, Zara McFarlane, Mélissa Laveaux, Ester Rada, Elina Duni et ALA.NI: suave et lumineuse, chaude et émotive, puissante et gracieuse, ou encore douce et élégante! Le chanteur bosniaque Bozo Vreco, phénomène musical assumant pleinement le timbre féminin de sa voix, interprétera des chants traditionnels d’une grande beauté.Lucia Cadotsch, chanteuse d’origine grisonne qui a ému les milieux du jazz internationaux avec son dernier album Speak Low, sera au Chapiteau le mardi 17 à 20h30.

Cacophonie et vieux jazz

Dans un tout autre registre, est à découvrir le duo zurichois de Anrina Bollinger et Marena Witcher, deux copines évoluant dans une euphonie dissonante, offrant un kaléidoscope d’émotions. Les amoureux du vieux jazz néanmoins seront bien servis avec des ensembles dans cafés et caveaux, à l’instar des Blue Mountain Jazz Band, chez Potterat vendredi 20 à 21h.

Entrez dans la danse !

Sous le label Blondel/Dance Club, le vigneron de Cully invite dans son caveau les festivaliers à un vin-dansant! Et autre surprise, on dansera au Temple – il fallait oser! – avec l’ensemble français Art Sonic, six musiciens qui conjuguent jazz et java de Boris Vian, Jo Privat, Gainsbourg et Bourvil: Le Bal Perdu, dimanche 15 à 17h. Rendez-vous sur le site du festival pour découvrir l’entier de la programmation: www.cullyjazz.ch

Le festival en chiffres

Avec un budget de 2,2 millions (consolidé par la venue d’un deuxième sponsor principal)  et la présence accrue d’artistes suisses, les organisateurs optimistes prévoient dépasser le nombre de spectateurs et de tickets d’entrée de l’an dernier, respectivement 65’000 personnes et 14’500 billets vendus… «le budget étant fortement lié au public» précise Jean-Yves Cavin, co-directeur. «N’oublions pas que l’événement subsiste grâce à la force du bénévolat». Ajoutons la complaisance des habitants de Bourg-en-Lavaux. En 2017, Cully Jazz a vu augmenter les visites sur son site Internet (646’000 pages vues) et sur les réseaux sociaux de Facebook, Twitter et Instagram (27’870 followers confondus). Une aura non négligeable pour le festival qui n’est pas seul à intéresser un public toujours plus nombreux. Sur le territoire suisse, quelques dizaines de festivals de jazz jalonnent l’agenda annuel, dont environ une dizaine devenus incontournables tel celui de Cully. Toujours plus de musiciens saisissent l’opportunité de vernir leur dernier album sur la plate-forme du Cully Jazz. CR