Le carême, un espace de liberté

par Jean-Jacques Raymond, pasteur de la paroisse d’Oron-Palézieux | Dans le jardin de la cure, la mousse a gagné du terrain sur le gazon. Il est besoin dès lors de scarifier. Vous connaissez ce procédé qui consiste à enlever les mousses qui se sont installées en lieu et place du gazon.
Il permet ainsi à la terre de respirer, à la lumière et à l’eau de pénétrer et à l’herbe du gazon de reprendre sa place.
Cette image me parle à propos du carême.
Le carême, un espace pour faire de la place, un espace de liberté.
Comme il s’agit, au printemps notamment, de scarifier nos jardins pour libérer la croissance du gazon, le temps du carême nous est donné pour libérer la vie qui demande à naître et à grandir.
Concrètement, cet acte de libération va consister à désencombrer nos existences personnelles, voire communautaires. Trop de nourriture, d’activité, de tension, de bruit, de parole… la liste sera longue et propre à chacun. Il s’agira peut-être de concentrer le geste sur une chose pour éviter de neutraliser la démarche par la dispersion: se désencombrer du souci par exemple, qui souvent mobilise une énorme énergie.
Le carême, un espace qui prépare à la Pâque, remplie de tout sauf du sens qui l’a fait naître. Ôter alors un peu de ce qui empêche cette fête de nous donner ce qu’elle nous offre; un peu de notre méfiance, de notre scepticisme, de notre indifférence, de notre besoin de maîtriser le savoir.
Et faire de la place à l’audace de la confiance, libérer la confiance.