L’automne de la vie… dites-le avec des fleurs

Roger Cachin | L’automne, une saison merveilleuse de senteurs, de couleurs, de luminosités qu’elle seule est capable de nous offrir… Une prolifération de fleurs qui deviennent belles, respectables à l’image de l’hortensia qui s’accroche à la vie et conserve sa noblesse en nous indiquant qu’à l’encontre de la jolie petite fleur printanière, lui aussi est capable de nous rendre admiratif de son déclin. Il garde espoir qu’au-delà du compost qu’il ne craint pas de rejoindre, il va faire prendre conscience à ses juniors que l’automne de la vie n’est pas qu’un grand pas vers la décrépitude. Comme les humains, il affiche par sa présence qu’il n’est pas pressé de les quitter.
Seules les fleurs participent à toutes les étapes de la vie… de la mort, indifféremment. Elles sont là. Tous les heureux événements qui côtoient notre existence suscitent en nous un sentiment de bonheur qui s’exprime par la présence de fleurs reçues ou offertes. Elles nous rappellent notre jeunesse, notre famille, notre vie passée; nous n’éprouvons plus la nécessité de l’évoquer tant elle fut heureuse, ou pas… vue du balcon de nos trois quarts de siècle. Nous oublions les difficultés vécues pour nous réjouir de l’hypothétique réussite de nos enfants, petits ou grands, dans un monde qui nous est de plus en plus étranger. La relation que nous entretenons avec nos contemporains devient
épisodique. Les condoléances que nous envoyons, hélas, au conjoint d’un ami décédé nous reportent à notre propre existence, incertaine sur terre, mais porteuse de graines qui écloront pour donner naissance à de jeunes pousses… C’est du moins ce que nous chuchote mère nature qui ne fait que se répéter depuis la nuit des temps; comme nous, les vieux, elle radote fréquemment mais n’oublie jamais de nous offrir des fleurs et la promesse de jours meilleurs…