L’Académie d’Ouchy… Qu’est-ce?

Une expression pleine de moquerie et de raillerie

Pierre Dom Scheder. |. Il y a sur les quais d’Ouchy, près de l’embarcadère, une fontaine à boire ornée de trois têtes d’ânes en bronze, entrain de s’abreuver dans le petit bassin. Œuvre du sculpteur Edouard Marcel Sandoz, ce monument a été installé en 1937, pour honorer ces travailleurs infatigables qui transportaient les blocs de pierre et le sable – destinés aux travaux de la ville – déchargés des barques arrivant au port d’Ouchy. Quand les ânes et leurs guides arrivaient à Saint-François, les gens s’exclamaient : « Tiens, voilà l’Académie d’Ouchy ! » Cette expression pleine de moquerie et de raillerie, tant à l’adresse des ânes qu’à celle des ouvriers, qui méritaient au contraire un infini respect, entra rapidement dans l’usage : « Tu vas finir à l’Académie d’Ouchy », menaçait-on tous les cancres du canton, avant de les mettre au coin coiffés d’un bonnet d’âne. Cette pédagogie stupide fait insulte à cet humble et magnifique animal, porteur du Christ aux Rameaux ou célébré avec grande tendresse par le poète Francis Jammes : J’aime l’âne si doux marchant le long des houx. Notre système éducatif, malgré l’engagement de quelques grands pionniers de ce pays (Rousseau, le Père Girard, Pestalozzi, Dalcroze, Piaget), écarte encore bien souvent les gens modestes du savoir et de la culture. Pourtant, avant de mettre l’enfant à l’école, il s’agirait de se mettre à l’école de l’enfant et de sa naturelle inventivité. Avant d’éduquer le peuple, il s’agirait de se mettre à l’école du peuple et de son intelligence du coeur, qui vaut bien toutes les palmes académiques. Une pertinente sagesse populaire pourrait transformer la communauté, la rendre plus simple, plus vivante, plus créative et plus conviviale. La nouvelle Académie d’Ouchy se propose d’interpeller notre société en ce sens, dans un esprit critique et… humoristique. Nous souhaitons, par des actions poétiques, des publications et autres manifestations, que ce «petit peuple» prenne la parole. Pour ce faire, nous créerons des synergies avec toute association partageant notre idéal. Nous aimerions offrir une vitrine et un cadre pour éditer des histoires de vie ou autres textes en des tirages réduits, mais permettant à des personnes de tout bord de s’exprimer. Nous pensons «célébrer» la mémoire de quelques «illustres inconnus» par des conférences, témoignages et moult évènements originaux. L’idée est aussi de favoriser la recherche de l’état de poésie qui demeure en chacun de nous et permet de se relier à soi, à l’autre et à la nature de manière efficace et durable. Alors les «académiciens» seront agents de transformation et d’enracinement en ce monde entrain de perdre dramatiquement la boule et sa mémoire. La structure de l’Académie sera toute simple. Nous travaillerons si possible sans contrat, ni salaire, ni propriété ou bureau. Les projets s’adapteront aux divers lieux d’action selon les circonstances et se feront dans la lenteur, l’obstination, l’humour et la patience légendaires des ânes et âniers de l’Académie d’Ouchy… et un peu des Vaudois !

Dimanche 29 septembre 

Promenade dans les joyeux pas d’un âne gris… Suivons le chemin de l’école des ânes et muletiers qui, au XIXe siècle, transportaient les blocs de pierre et le sable arrivés au port d’Ouchy pour les chantiers de la ville. 

Départ: 14h Esplanade de la Cathédrale de Lausanne – Arrivée: 16h30 Fontaine des ânes de l’Académie d’Ouchy, près du débarcadère d’Ouchy-Lausanne. Par tous les temps, gratuit et sans inscription – Ouvert aux familles avec enfants dès 6 ans et à tous les grands gamins. Une action poétique proposée par Pierre Dominique Scheder et sa brouette à chansons. Contact et soutien: www.dominique-scheder.ch / dominique.scheder@hispeed.ch – Musiciens ambulants: Alain Ray et Clément Grin – Anier: Bernard Gmünder avec Floriane Nikles et «J’explore ma ville!»