La vitiviniculture vaudoise

« Le beau menace ? »
La 12e étude de l’Observatoire BCV de l’économie vaudoise fait le point sur la situation de cette branche emblématique du canton. D’une part, sous l’impulsion notamment de l’ouverture du marché suisse, sa production a baissé de moitié (-54,0%) entre 1989 et 2014, pour s’établir à 246’886 hectolitres de vin. Mais, d’autre part, elle s’efforce activement de relever les défis auxquels elle est confrontée.
L’évolution qu’a connue la vitiviniculture vaudoise au cours du dernier quart de siècle a été voulue et subie. Subie, parce que l’une de ses causes est le renforcement de la concurrence des vins importés, en particulier dans le domaine des blancs, après l’ouverture progressive du marché suisse entre 1991 et 2001. Subie encore, parce qu’elle résulte de la baisse de la consommation de vin dans le pays. Et voulue également, du fait qu’elle découle d’une diminution des rendements choisie pour améliorer la qualité. La surface du vignoble vaudois est ainsi restée pratiquement inchangée, à 3778 hectares.
Vaud n’est pas seul concerné par cette évolution. Dans son ensemble, la production vinicole suisse a baissé de 46,6% en 25 ans. Au niveau des régions du vignoble du canton, la tendance est la même, avec certaines nuances. Au sud du canton, La Côte, Lavaux, Dézaley, Calamin et le Chablais, qui comptent pour environ 90% de la production vaudoise, sont plus présents dans le vin blanc et les effets de l’ouverture du marché y ont été plus accentués. De leur côté, Bonvillars, les Côtes-de-l’Orbe et le Vully, qui produisent les dix autres pour cent, sont plus présents dans le rouge et ont connu des reculs un peu moins importants.
Cependant, la vitiviniculture vaudoise cherche activement à relever les défis auxquels elle est confrontée. En particulier, les initiatives permettant au consommateur d’entrer en contact avec les vins vaudois se sont multipliées ces dernières années. Autre signal positif: malgré la problématique du franc fort, les prix de vente en grande distribution ont légèrement progressé en 2014. De sorte que, aujourd’hui, considérer l’avenir de la branche avec un optimisme prudent semble possible, tel que l’indique le choix de cette expression typiquement vaudoise comme titre de l’étude.