La solidarité et l’entraide

Pour lutter contre le gaspillage et contre la précarité, Henri-Louis Doge a mis sur pied une distribution de nourriture

L’accueil des bénéficiaires se veut agréable

Propos recueillis par Monique Misiego. |. D’un côté, il y a cette surcon-sommation, des exigences au niveau alimentaire de plus en plus pointues, les consommateurs n’achètent plus des produits qui pourraient être un tout petit peu abîmés ou dépassés de date. De ce fait, le gaspillage alimentaire atteint des sommets jamais vus. De l’autre côté, il y a de plus en plus de personnes qui ont de la peine à boucler leur fin de mois alors que souvent ils travaillent. De plus en plus de personnes tombent dans la précarité qui n’est pas une fatalité comme on pourrait le croire mais qui peut toucher toutes les couches de la population. Il suffit d’un coup dur, d’un divorce, d’une maladie pour que tout s’écroule, et là c’est la descente infernale. Certains s’en fichent ou tournent la tête, d’autres prennent le taureau par les cornes et décident d’agir. Pour lutter contre le gaspillage et contre la précarité, Table suisse, association créée par une femme, s’occupe de récupérer les invendus dans les grandes surfaces et de les redistribuer aux diverses associations qui s’occupent des plus démunis. Pour venir en aide aux personnes précarisées, il y a des personnes comme Henri-Louis Doge, enseignant à la retraite, qui décident d’agir et de mettre sur pied une distribution de nourriture afin d’alléger un peu la détresse de certains. Il n’en fallait pas plus pour que celui-ci s’occupe de prendre contact avec Table suisse, puis s’occupe de trouver un local, des bénévoles, de mettre en place une charte du bénévole, de décider de quelques règles de fonctionnement de cette distribution et le tour était joué. Ça semble tout simple quand Monsieur Doge vous l’explique. Mais c’est du travail quand-même. Il s’en occupe depuis le mois de janvier. D’autres actions étaient déjà mises en place sur d’autres lieux, ce qui lui a donné les idées pour que cette action débute sur Oron.

Monsieur Doge, quelques questions: Qui y a droit ? Toute personne bénéficiant d’une aide quelconque des services sociaux se verra proposer une carte de bénéficiaire qui lui permet de venir à chaque distribution 

Quand et comment? Chaque lundi dans les locaux se trouvant derrière le parking de la Coop, où est installée l’église évangélique. De 15h à 17h. Les bénéficiaires viennent à 15h, s’inscrivent sur une liste, puis sont tirés au sort pour que l’équité soit respectée. Ils se présentent ensuite aux tables de distribution où les denrées leur sont proposées, denrées qui ont été partagées auparavant selon le nombre de participants. 

Que reçoivent-ils en général? Nous essayons de répartir les denrées de façon équitable. Les arrivages sont très différents d’une fois à l’autre. Nous recevons de la nourriture sèche, qui peut être stockée pour les jours où nous n’aurions pas assez de denrées fraîches. Nous avons des fruits et légumes, de la viande, du chocolat, une livraison de chips qui a fait des heureux parmi les enfants, c’est très variable mais c’est souvent des quantités importantes donc nous avons de quoi satisfaire la demande.

Combien de bénéficiaires avez-vous pour le moment? Le dernier lundi, nous avons aidé 56 adultes et 18 enfants.

Et combien avez-vous de bénévoles? Nous sommes une cinquantaine. Nous demandons à ce qu’il y ait 8 personnes par distribution, dont 6 pour trier la marchandise dès 13h30. Nous fonctionnons avec un comité de 8 personnes qui est renouvelé tous les trois mois.

Je suppose que les contacts entre les bénévoles et les bénéficiaires sont riches? Nous essayons de les accueillir le mieux possible en proposant un point de rencontre en plus du point de distribution. Nous leur offrons un café et ils peuvent rester pour parler avec d’autres bénéficiaires le temps qu’ils veulent. Il règne parfois une joyeuse ambiance de café du commerce.

Pour plus d’infos: www.alorontaide.ch

Josiane une des volontaire d’Alorontaide