La jeunesse d’aujourd’hui : une force économique et des défis à relever

Gérard Bourquenoud  |  La jeunesse est l’une des préoccupations les plus anciennes de l’humanité. Et chacun le sait depuis belle lurette : toute société qui veut survivre se doit de résoudre le problème de sa jeunesse. Le moyen le plus efficient est que la génération adulte éduque et initie celle qui ne l’est pas, et qu’elle y parvienne le plus tôt et le mieux possible, car dans le cas contraire, son capital de formation, d’activité professionnelle et de connaissances culturelles ne saurait se fructifier, ni se maintenir du fait que la jeunesse n’est pas toujours réceptive.

Pendant des siècles, voire même des millénaires, le souci dominant de l’homme est resté la lutte contre une nature mal maîtrisée. Dans cet univers hostile, la jeunesse ne peut être comprise comme une réalité propre, tandis que dans une société où la principale préoccupation est l’efficacité, elle est considérée comme une étape inévitable, structurée avec rigueur, qui regarde l’avenir avec sérénité, même si parfois, elle n’est pas certaine d’être sur le bon chemin.

Le plus grand des mérites de notre époque est de prendre conscience de ce qu’est la jeunesse, de définir sa spécificité et d’entrevoir qu’il faut lui donner le temps et la possibilité d’être elle-même. L’allongement de la vie, la poussée démographique, le regroupement urbain, le progrès des communications, entre beaucoup d’autres facteurs, ont abouti à la constitution de véritables populations juvéniles. Avoir la foi dans la jeunesse ne signifie pas toujours une attitude considérée comme vaine. Pour preuve la création de nombreux mouvements de jeunes, tant sur le plan politique que culturel et géographique, qui répond à la nécessité de fournir des cadres sociaux, intellectuels et moraux, même si à cet âge la révolte peut parfois sombrer dans l’absurde ou l’irrémédiable. Un dicton dit que «si les jeunes avaient l’expérience des vieux et les vieux la vigueur des jeunes», tout serait parfait dans ce monde en pleine ébullition. Une telle réflexion est difficile à confirmer, car même avec la foi dans l’âme, la tendance la plus opposée laisse perplexe tout un chacun.

Ce que nous constatons également chez la plupart des jeunes d’aujourd’hui, c’est qu’ils grandissent comme ils peuvent dans un monde dominé par l’argent. Même s’il est permis de rire, de peur d’en pleurer, nous devons admettre que la jeunesse est une force économique non négligeable. Il est donc de notre devoir de la convaincre en lui montrant le chemin parcouru par une institution, une organisation commerciale, artisanale ou industrielle, telle qu’une foire ou un comptoir régional qui, comme beaucoup d’entreprises ou associations, ont besoin de sang nouveau. L’heure est donc venue, pour la jeunesse de notre pays, de lui faire mesurer ce que l’on est en droit d’attendre d’elle et du futur dans les actes qui exigent une réflexion plus ou moins profonde, sans oublier les obstacles que la civilisation se doit de surmonter dans l’évolution du progrès technologique, de la recherche concurrentielle, du respect de l’environnement, de l’intégration européenne, de l’ouverture sur le monde, pour n’en citer que quelques-uns.  Il suffit de s’interroger sur les perspectives d’avenir pour mieux comprendre ce que représente la jeunesse et nous rendre attentifs à la nécessité d’une cohésion aussi bien cantonale que nationale, pour affronter tous ensemble les défis de demain.