La forêt n’est pas une poubelle !

Gil. Colliard | Alors que le 95% de la population a pris conscience de la fragilité et de l’importance de la forêt et la respecte, une petite minorité souille sans état d’âme les domaines sylvicoles en y jetant les déchets les plus divers. Ce manque de respect force l’indignation des gardes forestiers qui dénoncent cette pratique imbécile et inconsciente.

La forêt ne recycle pas les déchets
Emballages, cannettes, verres, caisses à chats, cornets à crottes, sacs poubelles, gros déchets de boucherie, animaux morts, pneus, canapés et même un ensemble de cuisine sont un échantillonnage de ce qui a été découvert dans nos forêts. A cela s’ajoutent le gazon, les déchets de jardin, de compost, de taille ainsi que tout ce qui est jeté négligemment au bord des routes et que le vent agglutine le long des lisières. Certains, afin d’économiser quelques malheureux centimes, n’hésitent pas à venir mettre le feu à leur sac poubelle, laissant derrière eux un endroit dévasté, où les tessons de verre et les restes métalliques deviennent autant de risques potentiels de blessures pour les hommes et les animaux. De plus ces «touristes du déchet» utilisent des chemins forestiers interdits à la circulation.
«Ces pratiques malheureuses ont un impact fortement négatif sur l’état de nos forêts» déplore Eric Sonnay, garde forestier du Triage de la Haute Broye. «C’est un manque de respect du patrimoine naturel et de la propriété d’autrui, sans oublier les coûts engendrés par la récupération» rajoute Marc Rod, son collègue du Jorat. Ces propos sont également confirmés par Didier Pichard, garde forestier du triage de Moudon. L’abandon de déchets dans la nature est interdit et est passible de dénonciation à la gendarmerie. Mais hormis le côté visuel et souvent olfactif, il faut savoir que le temps de dégradation de ces derniers, une fois jetés dans la forêt, peut aller jusqu’à plus de 7000 ans.

Déchets «verts» en forêts  = conséquences désastreuses
«Les conséquences du dépôt des déchets verts en forêts ne sont pas forcément connues du grand public», commentent les professionnels; cependant le compost, même dans sa propre forêt, dégage des odeurs nauséabondes dues à la décomposition et empêche le rajeunissement naturel sur la surface polluée. Avec les branches, graines et racines provenant des déchets de jardin et des plantes d’agrément, apparaissent les plantes invasives qui colonisent les forêts au détriment des plantes indigènes et qui une fois installées se propagent très rapidement par rhizomes ou voies aériennes. Parmi ces plantes exotiques envahissantes, citons l’arbre à papillons, l’impatiente glanduleuse, la grande berce du Caucase et la redoutable renouée du Japon qui déstabilise les berges.

Dans la forêt adoptons un comportement civique et responsable
Les communes ont fait un effort à saluer, en développant des déchetteries bien organisées. Chacun peut y avoir accès. La grande majorité des gens adopte aujourd’hui un comportement responsable. Rapporter ses déchets sur les lieux de récolte contribue à réduire la pollution et participe à leur recyclage. Le travail des gardes forestiers consiste à gérer les futaies mais surtout à préparer la forêt que nous laisserons en héritage à nos descendants et non pas à faire la chasse aux irrespectueux et à débarrasser leurs immondices. Ils sont volontiers à disposition pour toute information complémentaire et seront présents, du 15 au 19 avril 2015, lors du prochain Comptoir d’Oron, auprès de la charbonnière qui sera organisée par le Groupement forestier Broye-Jorat.

Contacts
Eric Sonnay, garde forestier du triage de la Haute Broye:    079 623 09 07 eric.sonnay@vd.ch
Marc Rod, garde forestier du triage du Jorat:        079 638 05 21 marc.rod@vd.ch
Didier Pichard, garde forestier du triage de Moudon:    079 206 94 21 didier.pichard@vd.ch