Jorat – Une épine pour l’organisation du Groupement forestier Broye-Jorat

Le parc naturel périurbain du Jorat (PNP)

Gil. Colliard. |. Inquiétude et désappointement pour le président du Groupement forestier Broye-Jorat qui gère le patrimoine sylvicole des territoires de Moudon, de la Haute-Broye et du Jorat. A une petite quinzaine de mois de la votation, par les Conseils des communes concernées par le projet du PNP, les contours définitifs du territoire impactés ne sont pas définis. Comment sera géré le périmètre périphérique au 440 ha de la zone centrale, par qui, quelle sera la surface perdue, les coupes deviendront-elles dégressives? Quel rôle pour le garde forestier sur ce territoire? Autant de questions sans réponse, alors que déjà il faut s’atteler à la préparation des budgets et que le Groupement forestier Broye-Jorat, qui voit l’un de ses gardes forestiers partir à la retraite mi-2019, travaille à sa réorganisation.

Organisation de terrain floue à l’ombre d’un marketing lumineux

«De plus en plus, le dossier du PNP apparaît comme un projet à mentalité urbaine construit autour de l’attente des citadins et non pas rural, je ne peux que constater une grave négligence de communication de la part des initiateurs du PNP au niveau du Groupement forestier Broye-Jorat. Les renseignements «marketing» rayonnent au niveau des écoles, des lieux publiques, mais je reste sur ma faim concernant la vision réelle de l’organisation de base» dénonce Daniel Sonnay, qui a fait part de son inquiétude quant au rôle de son groupement dans ce projet, à Jean-François Métraux, inspecteur cantonal des forêts. «Au sortir de la séance, les réponses à mes questions restent dans le flou. Nous devrions avoir des informations relatives au traitement des parties périphériques après la période estivale» espère le président.

Une étude anti-démocratique

Profondément attaché et sensible aux valeur que représentent les domaines forestiers de part ses racines, Daniel Sonnay fustige ce projet monté d’une manière non démocratique «avec les fonds publics énormes mis par la Confédération et le canton, nous devrions avoir une prospection neutre avec les points positifs et négatifs, alors que l’entier de cette manne financière va dans le sens du projet de PNP et qu’avec des moyens dérisoires l’Association «Parque pas mon Jorat» se bat pour en démontrer les impacts néfastes. En incluant les gens du terrain, les acteurs forestiers dans une réflexion mûrement réfléchie, nous élaborerions un projet mieux adapté à ce territoire, permettant de mettre en réserve, d’ici 2025, le 10% des domaines forestiers comme exigé par la Confédération.» Difficile d’avoir une vision d’avenir, même à court terme, avec ce renversement de situation induit par le projet de PNP, pour le Groupement forestier Broye-Jorat, qui a planché longuement afin de mettre au point un plan de gestion des forêts et qui relève que les propriétaires privés du Jorat, eux aussi, sont proches et fortement impliqués dans leurs patrimoines sylvicoles.