Initiatives: sur les denrées alimentaires et sur la souveraineté alimentaire

Le 23 septembre prochain, le peuple suisse se prononcera sur 2 initiatives alimentaires. Si leurs titres peuvent paraître appétissants, leurs assaisonnements eux, sont réellement indigestes. Ces deux initiatives manquent leurs cibles, elles sont rétrogrades et leurs conséquences seront un choix restreint et une alimentation hors de prix.  L’initiative «pour des denrées alimentaires saines et produites dans des conditions équitables et écologiques» vise à renforcer l’offre de denrées alimentaires sûres et de bonne qualité. Dès lors, rien de nouveau sous le soleil, puisque la loi actuelle remplit déjà des exigences strictes, notamment en ce qui concerne la sécurité, la qualité et la durabilité. En effet, les Suisses consomment des centaines de millions de francs de produits issus de l’agriculture équitable chaque année. De plus, nous sommes les champions européens de la consommation de produits bio. L’initiative demande également d’imposer les réglementations sociales et écologiques suisse à l’ensemble de nos produits importés. La conséquence? Une usine à gaz coûteuse devra être mise en place avec par exemple, un contrôleur derrière chaque produit importé. En sachant que le taux d’approvisionnement de la Suisse est de 51% en 2015 selon l’office fédéral de la statistique. Le coût de notre alimentation va exploser avec les conséquences négatives sur nos tickets de caisse et sur nos impôts. L’initiative «pour la souveraineté alimentaire. L’agriculture nous concerne toutes et tous» va encore plus loin. Elle souhaite non seulement imposer les règles de production suisse au reste du monde, mais aussi imposer des droits de douane plus élevés et presque fermer les frontières pour les produits alimentaires, ce qui augmentera par conséquent le tourisme d’achat et une diminution des denrées alimentaires indigènes. N’oublions pas que nous exportons aussi des produits comme nos fromages et que nous sommes contents de pouvoir importer du fourrage certaines années! Elle prévoit de confier à des organisations le soin de planifier l’adéquation des besoins de production et de consommation. Un retour à l’agriculture qui a échoué partout où l’expérience a été tentée. Le nouvel article constitutionnel sur la sécurité alimentaire, accepté par la population il y a une année, donne à l’Etat les outils nécessaires pour promouvoir notre production. Il est en effet le moment d’encourager nos agriculteurs à produire les matières premières comme ils savent très bien le faire, plutôt que de les inciter à prendre des mesures pour diminuer sans cesse nos productions locales de haute qualité. Le Conseil fédéral et les chambres fédérales recommandent de rejeter ces textes à des larges  majorités. Ces deux initiatives s’attaquant à un principe fondamental: notre liberté de choix. Le 23 septembre, votons NON à une alimentation hors de prix et NON à la réduction du choix pour le consommateur!

Jean-Marc Genton, Député PLR, Forel (Lavaux)