Initiative « pour le remboursement des soins dentaires »

Jean-Marc Genton, Municipal et député, Forel (Lavaux)  |  Le 4 mars prochain, le peuple vaudois devra se prononcer sur une initiative de l’extrême gauche dite «pour le remboursement des soins dentaires». En novembre dernier, le Grand Conseil s’est prononcé sur un contre-projet du Conseil d’Etat voulant contrer l’initiative demandant le remboursement des soins dentaires. Celui-ci n’ayant pas trouvé de majorité devant le parlement, c’est donc l’initiative seule qui est proposée au peuple vaudois le 4 mars. Cette nouvelle assurance obligatoire peut faire rêver les Vaudoises et les Vaudois, par son titre provocateur: remboursement des soins dentaires. Seulement le remboursement est une chose, mais son financement en est une autre qui doit être connu de tout un chacun, afin de ne pas être mis devant un fait accompli. Il faut tout d’abord savoir de quels soins nous parlons et tout de suite une certaine réticence intervient, car il ne s’agit que des soins de base. Tout ce qui concerne les frais d’orthodontie, de soins esthétiques, de couronnes et d’implants dentaires ne font pas partie de cette assurance prétendant le remboursement des soins dentaires. Le financement est prévu par un prélèvement de 1% sur les salaires des personnes actives paritairement entre l’employeur et l’employé, ce qui représente une ponction de plus de 200 millions de francs par année sur la masse salariale vaudoise. L’initiative exige également les soins dentaires des retraités AVS et des jeunes de moins de 18 ans, ceci serait payé par la politique sanitaire cantonale, ce qui équivaut à un paiement par l’impôt, montant estimé à 100 millions. Sachant que l’Etat de Vaud est un employeur d’environ 39’000 personnes, il devrait contribuer à l’assurance dentaire obligatoire à hauteur de 20 millions. La valeur du point d’impôt cantonal, se situant à hauteur de 30 millions, l’augmentation des impôts cantonaux serait alors de 4 points. La classe moyenne serait ainsi doublement pénalisée (salaire +  impôts). Ces constatations démontrent que nous ne pouvons pas nous permettre d’introduire cette nouvelle assurance, nous avons beaucoup d’autres défis à finaliser qui ont déjà été acceptés par le peuple vaudois et qui touche tous les contribuables. Je pense à la mise en place de la LEO (loi sur l’école obligatoire), l’accueil de jour des enfants et j’en passe. Je vous invite à la raison et à refuser massivement cette initiative.