Initiative populaire pour le remboursement des soins dentaires

Non à l’arnaque de l’assurance dentaire obligatoire

Nicolas Glauser, Député UDC, Puidoux  |  L’initiative pour «une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base», soumise au vote le 4 mars prochain, est la dernière arnaque en date de l’extrême-gauche. Soyons clairs: L’initiative exige un financement de cette assurance par un prélèvement sur les salaires des personnes cotisant à l’AVS, moitié à la charge de l’employé, moitié à la charge de l’employeur. Par ailleurs, l’initiative exige un financement des prestations d’assurance dentaire des personnes ne cotisant pas à l’AVS (environ 40% de la population) au moyen de la politique sanitaire cantonale soit, en clair, par le budget cantonal. Quant aux indépendants, agriculteurs compris, ils paieraient à la fois les parts employé et employeur de l’AVS. Par contre, l’initiative ne précise pas quelles sont les prestations incluses dans les soins dentaires de base. Si les couronnes et implants dentaires, de même que l’orthodontie ne devaient pas en faire partie, le remplacement de chaque dent arrachée continuerait à être facturé! De plus, le Conseil d’Etat envisage une franchise de 300 francs par année pour les adultes et une franchise de 100 francs par année pour les enfants, préalablement à toute prise en charge par l’assurance dentaire de base. Ainsi, une famille de quatre personnes pourrait devoir payer 800 francs de franchise chaque année! En résumé, une assurance dentaire minimale à un prix tout sauf négligeable; d’excellentes raisons de voter NON.

Une mesure bénéfique pour tous !

Monique Misiego, POP, Présidente section Lx-Oron et Riviera  |  On entend toutes sortes de choses sur le projet de remboursement sur les soins dentaires: que cela va coûter très cher, que peu de choses vont être vraiment remboursées, que l’on va payer pour celles et ceux qui ont une mauvaise hygiène… Or il n’en est rien! Si on lit le texte de l’initiative, on voit qu’il s’agit de créer une assurance cantonale permettant le remboursement des soins dentaires de base, ainsi qu’un dispositif de prévention en matière de santé bucco-dentaire. Si on parle de soins de base, c’est pour éviter que des soins esthétiques comme le blanchiment soient aussi remboursés. Mais le Conseil d’Etat a indiqué clairement que toutes les prestations comme le traitement des caries, les couronnes, l’orthodontie pour les enfants etc. seraient remboursées. Les opposants font donc de la désinformation plutôt qu’avancer de vrais arguments contre ce texte, ce qui est regrettable. Ce que ne disent pas non plus les opposants, c’est que les aîné-e-s figurent avec la classe moyenne parmi les grands gagnants de ce projet: Les personnes à l’AVS ne devront en effet pas cotiser pour le financement du nouveau système, mais auront leurs frais dentaires remboursés comme les autres. C’est un geste juste pour celles et ceux qui ont travaillé toute leur vie, et qui ont dû faire face à des sacrifices parfois importants pour soigner leurs dents et celles de leurs enfants. Pour nos personnes âgées, nos jeunes et les familles de la classe moyenne, je voterai donc OUI le 4 mars au remboursement des soins dentaires. 

Solidarité avant tout

Monique Ryf Députée PS Oron-la-Ville  |  Il y a ceux qui peuvent toujours plus et ceux qui peuvent toujours moins. L’écart des richesses se creuse lentement mais sûrement dans notre pays. Et ceci se remarque par de multiples petits signes. Comme par exemple les soins dentaires. Le filet social déployé dans notre canton vient heureusement à l’aide de ceux qui ne peuvent déjà plus assumer un passage chez le dentiste. Mais pour les autres, pour ceux qui sont juste au seuil, pour les familles en particulier, ou pour les retraités, quelle alternative? Les chiffres sont là: 10% de la population, selon les chiffres de l’OFS, renonce à aller chez un dentiste ou va se faire soigner à l’étranger, faute de moyens. Et ils sont là aussi ces témoignages de toutes ces personnes fragilisées par un accident de parcours et qui ont dû renoncer à faire entretenir leurs dents, au détriment de leur santé. Là encore ces témoignages de familles qui ne peuvent assumer une facture imprévue de 2500 francs.

Une démarche solidaire. L’initiative pour un remboursement des soins dentaires lancée en 2014 a récolté sans peine 15’000 signatures en 4 petits mois. Elle vise à introduire une assurance obligatoire pour les soins dentaires, financée sur le principe de l’AVS, par une ponction sur les salaires. C’est un principe qui fonctionne – les 70 ans sonnants de l’AVS le prouvent – et qui doit permettre à toutes et à tous d’accéder à des soins de base indispensables. Il est prévu de mettre aussi l’accent sur la prévention et un réseau de policliniques dentaires devrait compléter le tout. Au Grand Conseil, le contre-projet qui n’allait pas aussi loin que l’initiative a été âprement discuté. Vidé d’abord de sa substance par la droite, il a été refusé au vote final par cette même coalition de droite. La même qui – aujourd’hui – vient dire que tout va coûter trop cher et sera insupportable pour notre économie. Et tant pis pour celles et ceux qui sont laissés en rade. Parce que la solidarité doit être un principe fondamental dans notre société pour que celle-ci vive en bonne intelligence, je vous invite à voter OUI à l’initiative sure le remboursement des frais dentaires le 4 mars prochain. 

Remboursement des frais dentaires: enfin !

Josée Martin, Présidente des Verts de Lavaux-Oron  |  Les soins dentaires doivent faire partie des traitements auxquels chacun doit avoir accès sans se demander si son budget sera en mesure de les supporter. Cela inclut: un contrôle annuel, le traitement des caries, les maladies dentaires, les soins de base. C’est vivre avec des oeillères que de ne pas voir combien de jeunes ne vont pas chez le dentiste. Ils y renoncent dès la sortie de l’école jusqu’à ce que leur apprentissage ou leurs études soient terminés et que leur vie professionnelle et économique soit stabilisée. Faute de moyens. Cette période de 10 ans sans dentiste se paie cher, par des soins plus lourds durant toute leur vie. Comment ne pas remarquer les collègues et ami-e-s qui retardent leur visite chez le dentiste jusqu’à ne plus pouvoir supporter la douleur? Et là, souvent, il est trop tard, c’est l’extraction de la dent et le trou ad aeternum dans la gencive. Une carence entraînant parfois d’autres pertes de dents ou le remplacement par un appareil ou un implant qui restera, des années durant, un corps étranger à réparer, à changer et adapter. Ce qui entraînera d’autres frais. Le Conseil d’Etat vaudois le reconnaît: nous avons dans ce domaine un vrai problème de santé publique.

Fr. 25.- par mois pour assurer toute la famille. L’assurance cantonale qui est proposée en votation le 4 mars permet enfin de disposer d’un remboursement des frais pour les soins de base. Le contrôle annuel, qui représente le dépistage à temps des éventuels problèmes, sera encouragé, des conseils seront donnés de manière personnalisée, correspondant à votre âge, style de vie, alimentation. Et les soins éventuels qui en découleront seront remboursés. Les soins tels qu’orthodontie, couronnes et implants seront également remboursés, mais la liste précise et les conditions seront établies dans le règlement d’application. Grâce au mode de financement de cette assurance par les salaires, le coût en sera très modeste :

• 1% du salaire (0.5% à charge de l’employeur, et 0.5% déduit sur le salaire AVS de l’employé) couvrira l’ensemble de la famille. Par exemple, Fr. 5.25 mensuels pour l’apprenti qui gagne Fr. 1050.- par mois, ou Fr. 25.- pour la famille qui gagne Fr. 5500.- par mois, ou pour un revenu mensuel de Fr. 13’000.- une contribution de Fr. 65.- par mois qui assure toute la famille

• Fr. 30 millions pour l’Etat, selon les calculs du canton, ce qui à l’échelle cantonale reste modeste.

Il n’y aura donc pas de cotisation à une assurance, ni aucun autre prélèvement. Pourquoi cette assurance pour les soins dentaires sera-t-elle si bon marché? Parce qu’elle est raisonnable et couvre les prestations essentielles à la bonne santé des dents. Un système qui a fait ses preuves en Allemagne. Pour toutes ces raisons, il importe de voter OUI, le 4 mars 2018, à cette assurance dentaire de base.

Ponctions salariales: où s’arrêtera-t-on ?

Florence Gross, Vice-présidente PLR Vaud, Députée  |  Lors de la votation cantonale sur la RIE3, le Conseil d’Etat, à majorité de gauche, s’est engagé à ne plus instaurer de cotisations patronales supplémentaires dans les années à venir. Or, à peine 24 mois plus tard, nous nous retrouvons face à une initiative, dont les coûts exorbitants, ne pourraient être financés autrement que par de telles cotisations. L’initiative populaire de l’extrême gauche intitulée «Pour le remboursement des soins dentaires» est trompeuse et onéreuse. Et son financement se fera, à nouveau sur le dos des PME, de la classe moyenne et des actifs. Le prélèvement sur le salaire médian (Fr. 6000) s’élèvera à Fr. 720 par année. Pour quoi? Se faire rembourser son contrôle annuel, voire le traitement d’une carie; avec évidemment une franchise de Fr. 300.-. Est-ce qu’un contrôle annuel coûte réellement Fr. 720.-? Non, vous payerez donc plus cher un simple contrôle suite à cette initiative car nous devons encore ajouter la participation par nos impôts, afin de financer l’assurance des personnes qui ne travaillent pas. Le filet social, déjà très large actuellement dans le canton de Vaud, est suffisant afin de soutenir les personnes dans le besoin. La solidarité est donc déjà garantie, tant par la participation des employeurs, des employés, que par toute personne active professionnellement. Les assurances sociales et régimes sociaux remplissent ce rôle et il n’est donc pas nécessaire d’y ajouter une assurance à mesures «arrosoir». Le peuple vaudois se retrouve ainsi mené en bateau. Moins d’une année après son élection, le Conseil d’Etat à majorité de gauche, rompt déjà ses engagements, avec de lourdes conséquences financières et fiscales tant pour les PME, nombreuses dans notre canton, que pour les actifs et la classe moyenne. Je vous invite donc à voter NON le 4 mars prochain à cette initiative.