Hommage – Willy Dufey, paysan attaché à sa terre

Homme discret, il a su se mettre au service de la collectivité

Gil. Colliard  |  Le 31 janvier dernier alors qu’il taillait ses arbres dans la propriété familiale du Verney, aux Thioleyres, il est tombé mettant à mal ses vertèbres cervicales. Malgré une opération qui semblait réussie, il ne s’est pas relevé. Transporté au Centre suisse des paraplégiques à Nottwil (près de Lucerne), les complications se sont enchaînées. Il s’est éteint le 23 avril. Nombreux étaient ceux qui étaient présents, au temple de Palézieux, le 27 avril, pour un dernier adieu. 

Homme discret, patient, il n’en n’était pas moins animé par plusieurs passions et a su se mettre au service de la collectivité

Né le 9 juillet 1946, troisième d’une fratrie de six enfants, il a fait toute sa vie dans le domaine familial du Verney, pas loin du Corbéron qui fait limite entre Les Thioleyres (commune d’Oron) et Granges (Veveyse). Passionné par ses vaches, il a choisi de seconder ses parents. En 1972, il épousait Claire-Lise. Patricia, Pascal et Marina, ainsi que leur demi-frère Serge ont apporté jeunesse et joie dans la famille. En 1985, il a repris les rênes de l’exploitation. Outre le bétail, les chevaux ont toujours été présents dans sa vie. Dragon à l’armée de 1971 à 1974, il a participé à de nombreux concours de dressage et a même ravi le titre de champion romand avec Furia sa monture. Il a également pris part au championnat suisse à Interlaken. Il a occupé le poste de juge de dressage et de chef équestre apprécié lors de concours cantonaux d’équitation. Il a également été le porte-drapeau de la fanfare montée une vingtaine d’années et a encore fait une sortie en septembre 2017. Portant intérêt à sa commune, il a rempli la fonction de municipal durant trois législatures, de 1982 à 1993.

Il appréciait les bonheurs simples

Willy n’était pas un grand voyageur. Il a été une fois à Paris et une fois à Miramas près de Marseille, mais il n’aimait pas trop s’éloigner de son Moléson. Président du Syndicat d’alpage de Palézieux-Village de 1979 à 2013, il aimait se rendre à l’alpage de «Vieille Chaux». «C’était la sortie du dimanche soir» se souviennent ses enfants. Il retrouvait aussi ses deux vaches qu’il mettait à «La Neuvaz» au-dessus de Blonay, une à deux fois durant la saison, lorsqu’il allait peser le lait. Avec son voisin, Marcel Wulliamoz, il prenait plaisir à regarder la désalpe et faire une tournée sur Château-d’Oex. Son lieu de ressourcement était sans nul doute sa vigne, à Chexbres, à laquelle il prodiguait ses soins. Ce fut d’ailleurs, à son sujet, qu’il donna encore ses dernières recommandations. Bonheur dû à l’arrivée des «chouchous», puis le malheur de perdre

les être aimés

La vie passant, Pascal s’associa à ses parents pour la bonne marche du domaine. Loïc, son premier «chouchou», comme Willy aimait à les appeler, vit le jour en 2007. Il remit le domaine à Pascal en 2010, année de naissance de Charline, suivie de Malorine en 2014. En 2012, de gros travaux de réfection de la partie habitation furent entrepris à la ferme, apportant un peu plus de confort. Puis le malheur posa sa main sur la famille qui subit sept décès en quatre ans, parmi lesquelles sa sœur Claire-Lise en 2015, son épouse Claire-Lise en 2016, sa maman Rose en 2017 et finalement son frère Emile en février de cette année. Profondément affecté par cette série noire, la lumière était moins présente dans les yeux de Willy. Un ressort s’était cassé. A Pâques, sentant que son corps n’obéissait plus, il baissa les bras. Quittant les soins intensifs pour réintégrer une chambre, il embrassa du regard une dernière fois les montages avant de partir pour son dernier voyage. Toute notre sympathie va à sa famille.