Bourg-en-Lavaux: hommage aux bénévoles

Cully Jazz, instantanés

Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamps XXL était en concert au Chapiteau le vendredi 13 avril

Christian Dick  |  Aucune société locale, aucune association ne saurait fonctionner sans l’aide ou l’apport de bénévoles. A plus forte raison quand il s’agit d’un festival de la taille du Cully Jazz. On l’a vu la semaine dernière, 500 bénévoles y sont chaque année recrutés. Ils œuvrent dans la sécurité, le parking, la gestion des déchets, les loges, l’économat, les bars, le montage et le démontage des stands, la billetterie, l’accueil, la préparation des scènes et des éclairages. On les remarque du bar à la sécurité, de la logistique à l’infrastructure, à la boutique et à l’entretien. Il y a peu de problèmes de recrutement. Mais adhérer implique un engagement. Chaque responsable engage les bénévoles dont il a besoin. Parallèlement existe une liste de bénévoles. Un formulaire en ligne permet de s’inscrire. L’engagement peut constituer pour certains un tremplin, notamment dans la technique. Ils reçoivent en contrepartie un badge ou un bracelet qui leur donne accès aux concerts selon la place et le temps à disposition ainsi qu’un ou deux repas par jour, la fameuse jaquette à capuche et un endroit qui leur est propre avec massages en cas de besoin. Un groupe fermé sur facebook leur est même ouvert. C’est aussi une école de vie pour les jeunes. Certains bénévoles ont trouvé un emploi ou une compagne. Dans ce qu’il aime, le bénévole peut être considéré comme professionnel dans l’âme. Certains sont même devenus accros grâce aux «afters» ou peuvent ressentir une sorte d’appartenance à un grand événement. La plupart prennent des vacances ou s’organisent pour participer au mieux de leur disponibilité. Jean-Marc Perrin, dont la photo a paru dans l’édition précédente, est un bénévole passionné. On peut dire de lui qu’il est un bénévole professionnel. Il est arrivé à l’âge de 5-6 ans à Grandvaux et affiche depuis longtemps un gros cœur pour Lavaux, ses vins, son esprit, ses périodes de vendanges. Il est attaché aux activités locales et leur consacre son temps libre. Fan de musique live, le Festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec lui a donné l’envie de s’impliquer dans des événements musicaux. La formule «musique + amitié + nouvelles connaissances» constitue une de ses motivations. Il a commencé au Cully Jazz Festival en 2009 au caveau des Amis où il reprend la gestion dès 2012. Après une petite pause, il fonctionne dès 2016 au bar des appellations comme bénévole puis en partage la coresponsabilité. Il s’agit de préparer l’ouverture du bar des appellations et de l’apéroquai, nettoyer, remplir les frigos, charger les caisses, préparer les planchettes, en bref de faire en sorte que tout fonctionne lorsqu’arrivent les vignerons et à les seconder au service en cas de rush. En tous les cas, à ne pas rechigner à la tâche. Jean-Marc loue l’esprit festif du Festival, l’attitude des responsables et de tous les bénévoles. Existe aussi la possibilité d’assister à des concerts, de faire des découvertes d’artistes.

Blind Boys of Alabama

The Blind Boys of Alabama est un groupe de musique gospel, blues et soul nord-américain fondé en 1939. Il a obtenu cinq Grammy Award et s’est produit dimanche dernier au Festival Cully Jazz. Le chapiteau affichait sold out. Le groupe est très professionnel. Il arrive à l’heure et part à l’heure. Entre ces deux moments, une émotion intense, le plaisir unanime du public d’assister à un grand concert. Le spectacle commençait par un We love you du groupe aux spectateurs et se terminait par une ovation debout et un bis. Jimmy Carter (pas le 39e président) s’est promené dans le public conduit par son staff, Paul Beasley s’est levé, les bras en croix pour entonner sa foi, un harmonica s’est brillamment invité et les deux cents amis du Festival ont applaudi debout, comme le reste du public. Peut-être vous êtes-vous une fois livré à cette expérience? Vous fermez les yeux. Evidemment, les proportions de la salle vous sont connues, comme l’emplacement de la scène, la disposition des sièges ou la sortie. Les yeux fermés, vous vous concentrez sur la musique. Vous essayez de reconnaître les instruments et si l’ingénieur du son a bien réparti les fréquences. Vous vous fiez aux applaudissements pour apprécier le nombre de spectateurs, et encore, aux rires quand Carter annonce une fois de plus que la chanson à venir est à vendre après le spectacle. Surtout, vous vous accrochez aux voix. Le timbre. Qui chante quoi.  Vous êtes à l’écoute. Et au toucher. Les yeux à nouveau ouverts, vous observez ces mains qui se reprennent comme pour se rassurer, la jambe en contact avec le siège quand l’interprète chante debout, le micro jamais lâché. Alors peut-être réalisez-vous votre chance d’être spectateur. De vous situer dans l’espace. Reconnaissant, chanterez-vous alors et répéterez-vous, comme sur la scène, We need peace, Jesus is my captain, Lord stand by me?

Blind Boys of Alabama

Cosa Nostra au Caveau Potterat

MM. Guggenbühl, Estermann et Graf lors de l’apéritif à la place d’Armes

Guillaume Potterat, co-directeur infrastructures et logistique et Jean-Yves Cavin, co-directeur programmation

Concert sur la rue principale de Cully qui se déroule le jour de l’ouverture du festival

Belle ambiance près de l’embarcadère de Cully