«Victoria & Abdul» Un monde pourtant les séparait

«Victoria & Abdul» de Stephen Frears

Colette Ramsauer  |  Le réalisateur de Liaisons dangereuses 1988 et The Queen 2016, à nouveau visite la noblesse. Cette fois dans la vie privée de l’impératrice Victoria (Judi Dench). Il raconte la relation vécue les dernières années de sa vie avec Abdul (Ali Fazal), un jeune serviteur indien.

Lunatique, gourmande

Après la mort de son époux et cousin Albert de Saxe-Cabourg-Gotha en 1861, Victoria reine au pouvoir sombra dans la tristesse. Veuvage mal vécu, ingratitude de ses enfants, obésité morbide n’améliorèrent en rien son état. Lunatique, gourmande, elle n’en faisait qu’à sa tête.

Confident Royal

Montée sur le trône à l’âge de 18 ans, 40 ans plus tard, elle devint Impératrice des Indes et s’entoura de domestiques indiens. L’un d’eux, Abdul Karim, 24 ans, prit une place démesurée dans sa vie privée. Galant, attentif à tout, il devint rapidement son confident. Peut-être plus, on ne l’apprendra pas. Mais la reine alla beaucoup mieux.

Horribilis

L’histoire commence aux Indes où Abdul est recruté pour ce qui devait être un aller retour. Il se retrouve à Buckingham face à l’impératrice pour la remise d’un cadeau précieux qu’offre son pays à la reine, lors du jubilé célébrant ses 50 années de règne. Face à l’Altissime, il ne baisse pas les yeux comme on le lui avait strictement ordonné. La reine apprécia cette impertinence. Ainsi débute un mélodrame, qui perdura 14 ans, jusqu’à son dernier soupir, à 82 ans. Cette situation, on l’imagine, n’était pas pour plaire à son entourage.

More is Less

Admirable, toute en retenue, car dans la maturité de son art «more is less», donc pas nécessaire de «sur-jouer», Judi Dench demeure au sommet de sa carrière. L’interprète de La Dame de Windsor, 1997, de Indian Palace, 2012, avec son partenaire Ali Fazal – vedette chérie de Bollywood – nous font vivre des moments subtils et inattendus de cocasserie et de flegme anglais, aux effluves de Hot Curry!

Victoria & Abdul (Confident Royal), de Stephen Frears, UK/USA, 2017, 112’, vost, 8/12 ans

Au cinéma de Chexbres les 13, 14 et 16 février à 20h30