«Der wahre Oktober» – Octobre 1917, Ils ont pris le Palais d’Hiver!

«Der wahre Oktober, Le vrai Octobre, The true October», film d’animation de Katrin Rothe

Colette Ramsauer |  Lorsque les bolcheviks s’emparent de force de la Russie au cours de la révolution d’octobre 1917, le poète Vladimir Maïakovsky, la chroniqueuse Sinaida Hippius, l’écrivain Maxim Gorki, le peintre Alexander Benois, l’avant-gardiste Kasimir Malevich s’inquiétaient pour l’avenir de l’art et de la créativité dans la dictature du prolétariat.

Une démarche d’équilibriste

Dans ce contexte et une réalisation qui ne manque pas d’originalité,  la cinéaste Katrin Rothe – 8 films et 6 prix attribués depuis 1998 – a créé «Der wahre Oktober», long métrage d’animation.  L’artiste passe judicieusement de documents d’archives à son atelier d’artiste où elle découpe et encolle sur les murs dates et autres informations, en trois langues, pour reprendre le fil de l’histoire avec ses propres images d’animation. Une démarche d’équilibriste!  La foule dans la rue, les soldats au tir sur les toits, les gens apeurés derrière leurs fenêtres, la prise du Palais d’Hiver, la tension alors que les bolcheviks sont toujours au pouvoir et que le gouvernement peine à se former. Mettant en scène des artistes influents, Katrin Rothe à sa manière nous propose une leçon d’histoire au moment du centenaire des événements.

«Der wahre Oktober, Le vrai Octobre, The true October»
D/CH, 2017, 93’ VO.ST. Au Zinéma Lausanne, dès le 15 novembre

Un vaudois dans la tempête

CR |  En 1917, Julien Narbel instituteur vaudois, se trouvait à Saint-Pétersburg. Il avait été le précepteur du fils du Prince Wladimir Orloff puis, au moment des événements de la révolution, administrateur des biens du Prince qui avait fui en Crimée. Pendant deux ans, avant d’être contraint de revenir en Suisse, il fut témoin direct des événements qui bouleversaient la Russie. Une correspondance de nombreuses lettres à son épouse, à l’abri en Suisse avec ses enfants, relate les événements tragiques auxquels il assiste. Il raconte les scènes de rue, la peur qui s’installe. Complétées par des rappels historiques, les lettres de Julien Narbel et d’Eugénie, née Delessert – elle était partie à Saint-Pétersburg pour occuper un emploi de gouvernante comme beaucoup de jeunes filles francophones de son époque – font l’objet d’un livre écrit par Claire Torracinta-Pache, elle-même petite-fille de Julien Narbel, et Claude Torracinta son mari.

«Ils ont pris le Palais d’Hiver!» Editions Slatkine, 2013, 160 pages