Forêts – Un nouveau découpage mis en place, pour une bonne répartition du travail

Assemblée générale de printemps du Groupement forestier Broye-Jorat à Corcelles-le-Jorat, le 22 mai dernier

Le contraste entre le vieux tronc et le jeune arbre

Gil. Colliard. |. Mercredi 22 mai, la salle de la Châtelaine de Corcelles-le-Jorat, accueillait les assises de printemps du Groupement forestier Broye-Jorat, présidées par le vice-président, Sandro Simonetta.

Réorganisation interne

Après les salutations d’usage et l’adoption des comptes donnant l’image d’une année 2018 qui s’est bien déroulée, avec un coût à l’ha pour les membres, inférieur aux prévisions grâce à divers éléments, la parole fut donnée à Daniel Sonnay. Le départ à la retraite d’Eric Sonnay, garde forestier du triage de la Haute Broye, en septembre prochain, a ouvert la réflexion visant à une réorganisation. Un nouveau découpage a été mis en place, pour une bonne répartition du travail. Responsable du bureau des gardes, Marc Rod reste au triage du Jorat, Matthieu Détraz, au demi-triage de Moudon avec des tâches annexes et Didier Gétaz, qui fut stagiaire en 2017 dans le groupement, reprendra au 1er octobre le triage de la Haute Broye. Le président du comité ne manqua pas de relever l’efficacité des gardes lors de la création du stand au Comptoir d’Oron «l’arbre de grimpe pour les enfants a récolté un formidable succès. Pendant que les gardes sécurisaient les enfants, les parents s’intéressaient à la forêt» releva-t-il. Pour la première année, Servion a cédé sa gestion forestière au groupement. Les résultats intéressants sont un encouragement pour Moudon sur le chemin de prendre la même décision. Il salua la décision des Conseils de Corcelles-le-Jorat et Montpreveyres de ne pas accepter le projet du PNP (parc naturel périurbain) sur leur territoire, ajoutant: «ce projet, s’il avait été initié en collaboration avec les gens de terrain, aurait pu avoir un autre aboutissement

Reynald Keller, inspecteur forestier apportant les informations du canton

2019 étant la dernière année de la période de conventions 2016-2019, les besoins sont à l’étude pour la prochaine période de 5 ans soit de 2020 à 2024.  Ces conventions représentent les indemnités versées par l’Etat et la Confédération pour la gestion des jeunes peuplements, les interventions en forêts protectrices, les peuplements riches en chênes, en espèces rares, les îlots de sénescence et les espèces habitats. Autre dossier, actuellement en phase préliminaire, le concept visant à valider le réseau des dessertes forestières et estimer son état. Les forêts de l’arrondissement font l’objet d’une analyse, on y relève les besoins de places de bois supplémentaires, les emplacements à problèmes. Les engins forestiers étant de plus en plus imposants, l’idée est d’adapter les chemins, devenus trop étroits. Les subventions pour les dossiers retenus seront de 70%.

Présentation du rapport d’activité 2018 par Matthieu Détraz

Les tempêtes de janvier 2018 ainsi que l’été et l’automne particulièrement chauds avec un déficit hydrique marqué ont fragilisé les peuplements, obligeant des exploitations forcées. Dans les forêts publiques le volume exploité s’est élevé à 17’736 m3, dont 20% de chablis. Ces derniers rendant le volume supérieur de 9% à la possibilité actuelle. Les plantations ont couvert 5.6 ha et 90 ha de jeunes peuplements ont bénéficié de soins culturaux. Le bois de service résineux représente le 65% de la production pour un prix moyen de Fr. 82.-/m3, en légère augmentation par rapport à 2017. Après un pic en 2017 dû à la chalarose du frêne, le bois de service feuillu est redescendu à 1% avec prix moyen de Fr. 190.-/m3 grâce à une amélioration du marché pour les frênes et les chênes et une bonne qualité des bois coupés. Le marché n’a pas évolué pour le bois d’industrie résineux (râperie) qui représente le 10%. Profitant des prix bas des autres catégories, le bois de feu feuillu avec 22% est le deuxième par la quantité exploitée. Les 2% restant représentent le bois de feu résineux. L’ensemble des «coups de tabac» sur le territoire du groupement a couché environ 1400 m3 dans nos forêts. Le manque d’eau répété de ces dernières années commence à se remarquer sérieusement. Certains sapins blancs et hêtres dépérissent. L’épicéa est plus sensible aux ravageurs, avec 2000 m3 grignotés par le bostryche. Un curvidenté friand de sapin blanc a été observé. Le groupement a été bien présent pour le public avec l’organisation de la Fête de la forêt à Oron-la-Ville et les divers accueils de classes. La foresterie évolue à grand pas. Le peuplement doit être préparé au changement.

Surabondance de matières premières et subventions

Angelo Ciciulla, agent de La Forestière, exprima son plaisir à entendre des propos réalistes et optimistes et à voir mener à bien un budget financier malgré les difficultés. Au niveau du marché, tempêtes et bostryche sont la cause d’une surabondance de matières premières, d’où une pression sur les prix. Malgré une relative bonne activité des scieurs suisses, la concurrence étrangère est bien présente. Jean-François Métraux, inspecteur cantonal des forêts, remercia le groupement et son comité pour le travail effectué. Une tâche qu’il faut savoir adapter, car la forêt est fragile. La biodiversité se façonne activement avec les travaux d’amélioration et de manière passive avec les îlots, les arbres habitats. Il rappela que les subventions, pour faire tourner l’économie de la forêt, représentent un montant de Fr. 50 à 60 millions, soit env. le 50% des coûts. Il conclut en adressant ses félicitations à la passion ressentie, portée aux forêts et souhaita un été frais et humide pour la santé de ces dernières. Daniel Ruch, entrepreneur forestier, député et syndic du lieu s’indigna du fait que le SDT (Service du développement territorial) ne puisse débloquer du territoire pour le projet d’agrandissement de la scierie Zahnd, reconnue d’importance cantonale. Dans le registre des divers, Reynald Keller présenta le castor, ce travailleur infatigable capable de dévier des cours d’eau, réintroduit en Suisse en 1956 et qui colonise aujourd’hui nos cours d’eau. La séance se termina avec une collation appréciée, offerte par Corcelles-le-Jorat.

De g. à dr. : Daniel Ruch, Jean-François Métraux, Daniel Sonnay, Eric Sonnay, Sandro Simonetta, Angelo Ciciulla, Marc Rod, Matthieu Détraz et Reynald Keller