Fêtes des Vignerons 2019 – Les personnalités de la fête

Interview de Daniel Dufaux

Daniel Dufaux, président de la commission des vins de la Fête des vignerons

Propos recueillis par Christian Dick | Daniel Dufaux, vous êtes président de la commission des vins de la Fête des vignerons et directeur de la Maison Badoux Vins à Aigle. En quoi consiste au juste cette commission? Après discussions, nous avons retenu quatre vins, un blanc et un rouge de Lavaux et du Chablais. Tous les producteurs dont les vignes sont visitées par des experts de la Confrérie ont été approchés. Certains vendent la récolte, d’autres le moût, les derniers le vin. La vinification du Chablais est assurée par la Maison Badoux SA, celle de Lavaux par Obrist SA, deux établissements qui ont la capacité et les compétences pour traiter de grandes quantités de vin. Ce sont ces deux maisons qui produiront le vin de la Fête.

Vous êtes l’homme qui donnera de la fête une image festive. Tous les stands auront l’obligation de se fournir en vin de la fête. On parle de 60’000 bouteilles 2017 et de 300’000, voire 500’000 millésimées 2018.C’est juste. Il y aura aussi possibilité de boire d’autres vins dans les restaurants éphémères ou les caveaux, mais ils devront être vaudois. Jamais auparavant la Confrérie n’a disposé de bouteilles étiquetées au nom de la fête aussi tôt.  60’000 bouteilles de 2017 ont déjà été mises en vente. Plus de 30’000 ont trouvé preneurs à ce jour. Ce résultat est excellent.

Ces chiffres sont-ils en hausse par rapport à la fête de 1999 où le 08/000 n’existait pas?En 1999, la production totale s’élevait à 200’000 bouteilles. En fait, la fluctuation est aussi due à la météo.

Quelle est la proportion des vins blancs et des vins rouges?Elle est de 50 – 50. Par contre, la proportion Lavaux – Chablais va plutôt en faveur de Lavaux.

Le surplus éventuel, en l’occurrence 200’000 bouteilles, est-il difficile à obtenir, ou comment se fournit-on en vin?C’est techniquement difficile. Il n’y a pas de possibilité de production durant les vacances et le produit est limité. Mais nous sommes deux grandes Maisons. On parle aussi d’un millésime exceptionnel.

5000 bouteilles de Dézaley grand cru et d’Yvorne AOC sont proposées entre Fr. 50.- et 55.-. Elles proviennent de parcelles régulièrement primées par les experts de la Confrérie. Est-ce un chiffre définitif avec une étiquette spéciale?Ce sera le vin de prestige de la Fête des vignerons. C’est d’ailleurs un souhait de l’abbé-président, qu’il y ait un vin haut de gamme. Le millésime est 2017. Les grands crus révèlent mieux leurs arômes deux ans après les vendanges. La sélection a été faite en visitant les vignes qui sont d’ailleurs très connues. Elle répond à des critères exceptionnels. Ce vin s’adresse aux partenaires de la fête, mais aussi à un certain public amateur de vin de garde ou de très grands crus.

Lorsque vous avez pris vos fonctions, aviez-vous déjà une idée de ce qu’allait devenir la première fête du nouveau millénaire?Un peu. Nous sommes dans le milieu du vin. C’est un peu notre fête à nous.

Depuis quand êtes-vous membre de la Confrérie?J’ai été Cent-Suisses en 1999.

En 1999, les étiquettes étaient multiples et représentaient les animaux du Jardin d’Orphée. Chaque appellation avait son animal. Il n’y a que deux étiquettes cette année, celle de Lavaux et celle du Chablais. Est-ce une volonté de votre commission?Oui. C’est l’esprit du vin qui sera mis à l’honneur, pas les appellations. Cette vision est partagée par l’abbé-président. Il souhaitait également miser sur la reconnaissance de Lavaux par l’Unesco, et donc reconnaître Lavaux comme un tout et non comme un ensemble de différentes appellations comme on l’a vu en 1999. En fait, il y aura quatre étiquettes, deux pour le blanc et deux pour le rouge.

Vous préparez-vous à recevoir les cantons suisses, notamment les cantons viticoles?Ce n’est pas le rôle de notre commission. Swiss Wine Promotion occupera un espace sur la plateforme au sud des arènes sur l’eau. Elle promouvoit la dégustation des vins des cantons producteurs. En fait, presque tous les cantons suisses produisent du vin, même Glaris. Et tous sont ambassadeurs de leur terroir et de leurs traditions. Chaque jour, un canton sera à l’honneur. L’abbé-président est sensible au domaine du vin. Il est un défenseur de la cause viticole.

Depuis la dernière fête, certaines habitudes ont changé. Celles de la consommation aussi. Ce mouvement vous concerne-t-il?L’abbé-président remet le vin à sa juste place. C’est une approche différente. Disons aussi que le vin de garde est mieux défendu. Obrist et Badoux sont deux Maisons solides avec une grande capacité à vinifier. Nous cherchons toujours le top de la qualité. Notre savoir-faire est excellent. 2018 est d’ailleurs un millésime exceptionnel. La récolte destinée au vin
de la fête se trouve dans des cuves spéciales.

Cette Fête des vignerons telle qu’elle se présente déjà, répond-elle à vos attentes? Le vin est une pièce maîtresse de la fête. L’abbé-président souhaite éviter une consommation abusive, mais il serait mécontent s’il n’y avait pas à chaque occasion du vin de la fête. Après les récompenses, le vin. Que tous les vins soient tous goûtés, que le public ait de la joie à apprécier le fruit du travail du vigneron.

Aimeriez-vous ajouter quelque chose?L’abbé-président s’implique beaucoup. Nous sommes constamment en route pour la promotion de la fête. La communication doit aussi passer par la présentation de ses vins.