Fêtes des Vignerons 2019 – Les personnalités de la fête

François Margot, abbé-président de la Confrérie des vignerons

Propos recueillis par Christian Dick | La Confrérie des Vignerons de Vevey est avant tout connue comme l’organisatrice de la Fête des vignerons. Mais son but principal est d’encourager la culture de la vigne et d’en promouvoir la qualité.Trois visites annuelles permettent aux experts de la Confrérie de noter le travail des vignerons-tâcherons placés sous son contrôle. Des récompenses leur sont distribuées tous les trois ans lors d’une «Triennale». Une fois par génération, cette cérémonie est remplacée par un événement exceptionnel, la Fête des vignerons.L’abbé-président, François Margot, est à la tête de cette Confrérie depuis le 1er juillet 2012. Il a bien voulu répondre à quelques questions.

Lorsque vous avez pris vos fonctions d’abbé-président en 2012, aviez-vous déjà une idée de ce qu’allait devenir cette première Fête du nouveau millénaire?Comme d’autres membres du Conseil, j’ai été associé dès 2009 au projet, année en laquelle la date de la Fête des vignerons a été choisie. Nous avons mené une politique de concertation et de dialogue avec beaucoup de personnalités représentatives des milieux du spectacle et en 2012 nous avons approché Daniele Finzi Pasca.

Cette FdV telle qu’elle s’esquisse déjà, répond-elle à vos attentes?Elle répond en fait à l’attente de la Confrérie et du Conseil, et pour l’essentiel, la réponse est oui. Il s’agit d’un processus évolutif entre le maître de l’ouvrage, la Confrérie, et les acteurs du spectacle, entre un projet et sa réalisation.

Votre nom est associé aux Fêtes précédentes. Vous sentiez-vous appelé à devenir un jour abbé- président?

Ma famille est associée depuis longtemps à la Confrérie. Deux de mes aïeux ont d’ailleurs été abbés-présidents. J’ai été actif à la commission des costumes des Fêtes de 1977 et de 1999. Mais peu importe. Après l’annonce du retrait de M. Châtelain, le poste était à repourvoir. On m’a alors approché.

Tous les cantons ont répondu favorablement à votre invitation. Certains ont-ils été plus réticents que d’autres, d’autres plus favorables?Les cantons ont répondu favorablement à l’unanimité. Certains ont même des projets ambitieux. Tous ont l’opportunité de faire la promotion de ce qui correspond le mieux à leurs traditions. La Fête des vignerons est la première tradition vivante de Suisse à avoir bénéficié de la reconnaissance de l’Unesco. Cela a certainement contribué au succès que nous avons rencontré lors de nos visites et à l’accueil favorable des cantons.

Depuis la dernière Fête, nous sommes passés de la communication par correspondance et Radio-Arlevin à Internet. Les habitudes ont changé. Comment ces bouleversements sociaux et techniques ont-ils été abordés?Par une bonne maîtrise du sujet. Des courriers électroniques arrivent parfois dans les spams. Il a fallu gérer. C’est le monde moderne. La solution est très satisfaisante d’une manière générale. On gagne en coûts et en rapidité. Les images s’échappent parfois dans les réseaux sociaux d’où il peut arriver une perte de maîtrise. Un contrôle s’avère nécessaire.

Avez-vous trouvé toutes les compétences que vous souhaitiez?Des concrétisations sont encore en cours. Des forces culturelles ou artistiques sont à disposition.

L’organigramme de la FdV ressemble à celui d’une multinationale. Les tâches ont-elles été distribuées facilement?Oui, quoi que le terme de multinationale soit exagéré. L’organisation fait appel à des professionnels de l’événementiel. Par rapport aux fêtes précédentes, on peut avoir recours à ces forces extérieures qui apportent un soutien appréciable. Nous disposons également d’un noyau central qui peut décharger tel ou tel membre, telle ou telle commission.

On a parlé de dépassement du budget?Il y a un léger dépassement d’environ 4%. C’est peu en terme de pourcentage, mais il ne faut pas le minimiser en terme d’argent.

Dans les News de la Fête du 11 janvier, on voit une fille en costume de la Fête des vignerons de 1999 et un samaritain caresser une oie. La légende dit que les enfants n’auraient pas de contacts avec les animaux en 2019.En fait, il y aura moins d’animaux. Pas de bœufs par exemple, des vaches évidemment, des chèvres à la place des moutons et quelques chevaux de trait.

Les vaches… à cornes?Ce n’est pas encore clair. Le choix repose sur ceux qui élèvent leurs animaux. Elles seront emblématiques de la région Veveyse-Gruyères. En fait peu importe.

Daniele Finzi Pasca parle du couronnement comme d’un événement en soi. En 1999, les acteurs-figurants ont assisté au couronnement en même temps que le public, un jour avant le début du spectacle. Où est la différence?La Fête rend hommage aux traditions viticoles à travers un spectacle de figurants et une cérémonie, le couronnement des vignerons-tâcherons. Cette célébration unique au monde va se répéter et réapparaître dans le spectacle.

Daniele dit, dans le numéro deux de votre magazine, je cite: «Nous avons voulu mettre le couronnement au centre de ce spectacle pour rendre hommage aux vignerons-tâcherons.» En quoi réside aujourd’hui la nouveauté?Au-delà de l’acte du couronnement, tout le spectacle vaut comme une louange symbolique du travail à la vigne. Les différentes étapes y seront représentées. On peut le voir comme une allusion théâtrale.

Quelle image de cette Fête aimeriez-vous laisser aux générations suivantes?Celle d’une célébration qui touche, qui émeut, qui suggère un sentiment d’émotion. La joie, la nostalgie, la force, la tristesse, quel que soit l’âge ou la provenance du spectateur, doit ébranler son quotidien.

Les billets se vendent-ils selon vos souhaits?Actuellement, plus de 220’000 billets ont été vendus. On peut dire oui.

Aimeriez-vous ajouter quelque chose ?Que toute la ville réserve un accueil de qualité à cette Fête des vignerons. Que la participation à la Ville en fête résonne avec le spectacle. Que le spectacle vibre d’émotions.

François Margot, abbé-président de la Confrérie des vignerons