Fêtes des vignerons 2019

Jean-Daniel Berthet sacré Roi de la Fête 2019

Propos recueillis par Christian Dick | Le titre de Roi de la Fête a été attribué à Jean-Daniel Berthet d’Epesses. Il succède au palmarès à Raymond Favez sacré en 1999. La cérémonie du couronnement a permis de remettre 5 autres médailles d’or, 19 d’argent et 49 de bronze. Le second vigneron couronné d’or est Antonio Figliola, également à Epesses. Corinne Buttet est la troisième couronnée et première et unique femme. Elle précède Jean-Noël Favre, Jean-François Franceschini et Jean-Daniel Suardet. Jean-Daniel Berthet travaille pour Luc Massy, vigneron propriétaire bien connu. Il a 57 ans, est marié, père de deux enfants et grand-père d’autant de petits-enfants. Il travaille à la vigne depuis toujours. C’est sa passion. Ceux qui le connaissent apprécient sa disponibilité et son professionnalisme. Il est un homme bon et jovial. Son épouse Patricia assiste à l’entretien, fière de son mari. Ils forment l’image d’un couple heureux. Tous deux aiment déguster. Main dans la main, ils traversent dimanche matin leur village, peut-être le plus joli de Suisse, et finiront dans un carnotzet à l’autre bout du village en appréciant à l’aveugle différents crus. Jean-Daniel et Patricia ont eu la gentillesse de recevoir Le Courrier à l’ombre d’un cerisier, au pied de leur domicile. L’entretien a été à plusieurs reprises entrecoupé par des klaxons et des félicitations. Et leur natel était sur silence! Un vigneron passant en camionnette s’est presque arrêté au milieu de la chaussée: «Je ne te dirai pas ce que tout le monde t’a dit, mais bravo, reste comme tu es!»

74 vignerons-tâcherons ont été nommés. Devenir médaillé d’or, une distinction qui n’est distribuée que lors d’une Fête des vignerons, et finir premier, c’est un honneur et une distinction historique. Comment vis-tu cet événement aujourd’hui, trois jours seulement après le couronnement? C’est encore l’euphorie. J’ai eu des demandes et des questions en allemand et en anglais, et des articles parus jusqu’aux Etats-Unis et au Canada.

L’évaluation des vignes avant la Fête des vignerons dure cinq ans. Se prépare-t-on à l’avance, durant cette période, à vivre un tel événement? Tout le temps. Autrement ça ne joue pas. Les notes sont données par des experts qui examinent la vigne trois fois par année, à chaque stade important. Ils ne sont jamais de la région et changent chaque année. C’est honnête. Il faut être à jour avec son travail.

Cette reconnaissance, l’attendais-tu, ou est-ce une surprise? Sur le moment, j’ai été surpris. Je n’ai pas vraiment compris le compte à rebours des médaillés d’or. J’ai cru que les autres étaient devant. C’est ensuite quand j’ai réalisé qu’il ne restait plus que moi que j’étais le roi de la cérémonie. Ça été un moment de grande émotion, de joie.

Lors des triennales, la qualité de ton travail était-elle régulièrement reconnue? J’étais médaillé de bronze lors de ma première triennale. Ensuite trois fois médaillé d’argent.

Comment va-t-on reprendre son travail comme médaillé d’or? Pour l’instant je n’ai pas repris. Mais dès lundi, comme chaque jour. La vigne, il faut la suivre.

20’000 personnes ont assisté au couronnement, la télévision a filmé et diffusé la cérémonie, la radio en a parlé, la famille,
les amis, les voisins t’ont félicité, cela va-t-il changé ta manière d’être, de voir ton métier?
Pas du tout. C’est toujours la même chose, l’amour du métier.

Ceux qui te connaissent savent que tu ne prends pas toutes tes vacances et que la vigne te manquerait si tu partais trop longtemps. C’est bien vrai? Juste! Mon épouse partage aussi cette passion de la vigne et du vin. Et même lorsqu’il m’est arrivé d’être une fois malade et pas à l’assurance, je me suis inquiété de la vigne.

Où as-tu placé la couronne? Pour l’instant elle est sur un meuble à la cuisine. Plus tard, on l’exposera sur la cheminée.

Comment se dérouleront les prochaines scènes du couronnement dans le spectacle de la Fête des vignerons? Nous participerons à tour de rôle à la reconstitution du couronnement. Hier soir, (note de la rédaction vendredi 19 juillet), nous étions quatre. Par la suite, un seul couronné devrait suffire.

Qu’as-tu à dire au sujet de cette Fête? J’ai assisté à une représentation, mais j’en ai manqué trois tableaux. C’est beau. En 1999, Arlevin occultait le roi de la Fête. Cette année, ce n’est pas le cas.

Aimerais-tu ajouter quelque chose? Le métier de vigneron évolue. On l’améliore sans cesse. J’aime ce que je fais.

Ce serait bien que des rois de cette taille, de cette modestie et de ce dévouement, il y en ait un peu plus sur cette planète.