Ferlens – Hommage à Liliane Décosterd

Elle a eu à coeur de faire une maison «portes ouvertes»

Martine Thonney. |. C’était le 20 juillet dans le  village de Ferlens. A l’étage supérieur du collège communal se trouve la salle du Conseil qui tient lieu de salle de culte depuis fort longtemps. Des groupes de personnes montaient lentement les escaliers car ce jour, on disait adieu à une habitante de Ferlens qui aimait énormément son village: Liliane Décosterd, née Buttet. Le pasteur Olivier Rosselet présidait le culte; on aurait pu se croire «à la maison», tant cet endroit était rendu serein par les nombreuses fleurs, le piano tenu par Mme Balissat, les trois cantiques connus chantés par l’assemblée, les fenêtres ouvertes sur la campagne d’où parvenaient le bruit des oiseaux et de la vie quotidienne de la campagne. C’est dans cet emblématique collège de Ferlens que la petite Liliane Buttet a passé sa scolarité primaire, non loin de sa maison sise dans le quartier bien nommé «Chez-Buttet». C’est là que la fillette a été recueillie et finalement adoptée à l’âge de huit ans par son parrain et sa marraine, Arthur et Bertha Buttet, à la suite du décès de la maman de Liliane lors de la naissance de sa petite soeur. Bertha et Arthur Buttet devinrent ainsi les parents de Liliane qui leur en a toujours voué une grande reconnaissance. L’entrée en prim’sup réussie, c’est le chemin de Mézières que Liliane prit quotidiennement puis le trajet s’allongea en direction de Pully pour un apprentissage aux PTT de l’époque, et ensuite à Lausanne où elle rejoignit le service des chèques postaux. Son sens de l’organisation, ses aptitudes pour les chiffres et les calculs ont orienté son choix professionnel. Dans la grande ville, elle fit la connaissance d’un jeune ingénieur de l’EPUL (devenue EPFL) nommé Jean-Philippe Décosterd. En 1957, ils se sont mariés et Laurent et Sylvie sont nés. La famille vécut à Zurich, Genève et Paris. Dans un grand coin du coeur de Liliane se blotissait le souvenir de sa maison et son village de Ferlens. Toute la famille revint au pays au début des années 1970. Liliane mit encore  à profit son sens pratique et ses idées claires pour mener à bien la rénovation de sa maison qui n’a pas été chose aisée. Dès lors, sa maison fut leur maison; les enfants y ont passé leur jeunesse avant de s’envoler et Liliane et Jean-Philippe ne l’ont plus quittée. Ils ont eu à coeur d’en faire une maison «portes ouvertes» aux autres dans l’écrin de son jardin coloré et du verger qui donnait des fruits en abondance. Parmi leurs nombreux voyages, ceux effectués aux USA, Grande-Bretagne et en Egypte sont des souvenirs marquants. L’intérêt qu’ils portent aux autres est constant. Liliane aimait discuter avec ses deux enfants et ses quatre petits-enfants et se souciait de leur bien-être.  En participant au Conseil général, Liliane a servi sa commune. Elle la représentait aussi au sein de la paroisse de Mézières en étant fidèle conseillère de paroisse et caissière déterminée. Elle exerça aussi une activité de visiteuse de paroisse auprès des nouveaux arrivants et des personnes âgées. Des études bibliques se sont faites à son domicile et lors de la fête des récoltes d’octobre, elle redoublait d’énergie. Depuis ces deux dernières années, la maladie de Liliane a rendu progressivement la vie quotidienne plus difficile. Grâce au dévouement admirable de son mari Jean-Philippe, Liliane a pu rester dans sa chère maison, son voeu le plus cher. Aidé par une précieuse dame de compagnie de la région et le CMS d’Oron, Jean-Philippe Décosterd veillait à ce que tout aille pour le mieux à Ferlens. C’est à 86 ans que Liliane a quitté les siens. Elle repose néanmoins tout près d’eux, au cimetière du village.