Femmes atypiques – Une présence féminine, ça rassure

 Je suis allée à la rencontre de Mélanie et Amélie, toutes deux employées chez Star Ambulances,
qui a une antenne à Mézières. Vous avez de fortes chances de les croiser sur nos routes puisque
ce sont elles qui assurent les urgences dans notre région. D’emblée, elles m’expliquent
qu’il y a deux formations dans cette branche, à savoir ambulancière, qui se fait sur une période
de trois ans, et technicienne ambulancière qui se fait sur une période d’une année.

Amélie et Mélanie

Propos recueillis par Monique Misiego |Combien de personnes travaillent dans votre entreprise et quelle est la proportion de femmes ? L’ entreprise compte environ 35 personnes. Dans les ambulanciers, nous avons 12 hommes et 3 femmes. Chez les techniciens ambulanciers, la proportion est totalement paritaire puisque nous avons 5 hommes et 5 femmes. Amélie souligne que quand elle a fait sa formation, la proportion de femmes était de 1/3. A l’heure actuelle, il y a la même proportion d’hommes et de femmes.

Est-ce que vous rencontrez des difficultés physiques lors de vos interventions ? Non, pas du tout. Si une personne est lourde, nos collègues hommes rencontreront les mêmes difficultés. Nous avons du matériel qui nous facilite le portage, mais il arrive que nous devions demander l’intervention des pompiers pour nous aider. A ce moment-là, il n’y a aucune différence.

Est-ce qu’il arrive qu’un équipage ne soit formé que de femmes et si oui, est-ce plus difficile pour vous ? Oui cela arrive, et nous avons les mêmes difficultés que les hommes, ni plus ni moins.

Avez-vous essuyé des remarques sexistes, ou même du harcèlement de la part de vos collègues ? Non, cela n’arrive jamais. Ils font de petites blagues qui peuvent paraître sexistes mais nous ne nous en offusquons pas. Ce n’est pas fait pour blesser, c’est leur façon de plaisanter. Quand on travaille avec des hommes, on a l’habitude. Et ce n’est pas dirigé contre nous, nous le savons. Mélanie précise que dans un emploi précédent, on lui avait dit de retourner s’occuper de ses enfants.

Est-ce qu’il y a une différence de traitement entre vous et vos collègues masculins ? Quand on travaille avec un collègue masculin, de manière générale il fera plus attention à nous. Il y a une sorte de protectionnisme qui s’installe mais on ne sait pas si c’est parce que nous sommes des filles et qu’ils nous considèrent comme plus faibles ? Nous n’avons pas cette impression en tous les cas. Nous apprécions ce genre d’égard.

Et au niveau des clients, ça se passe comment ? Oui, répond Mélanie, cela arrive avec les personnes âgées, mais ce n’est pas méchant. Elles s’adressent souvent aux hommes en disant «docteur» et forcément, nous les filles sommes les «infirmières». Mais c’est une question de génération et d’habitude, cela n’arrive pas avec des jeunes.

Au niveau des salaires dans la branche, est-ce qu’il y a égalité ? Oui nos salaires sont identiques.

Vous faites exactement les mêmes horaires que vos collègues masculins ? Oui, il n’y a aucune différence.

Que pensez-vous de la situation des femmes aujourd’hui ?Amélie pense que la situation a évolué grâce aux féministes. Mélanie trouve que les femmes qui travaillent et qui sont mères de familles ne disposent pas toujours des aides nécessaires, surtout au niveau des structures d’accueil pour les enfants. La charge mentale est encore beaucoup plus importante pour les femmes que pour les hommes dans le couple et la famille, soulignent-elles.

Pensez-vous qu’il y a encore des choses à améliorer ? Mélanie aimerait une amélioration au niveau des structures d’accueil et des possibilités de formation à temps partiel, mais qui seraient réparties sur un laps de temps plus long pour pouvoir permettre à des mères de famille de continuer une formation.

Etes-vous au courant qu’il y aura une grève des femmes en Suisse le 14 juin 2019 ?Les deux sont au courant et vont soutenir la grève sans toutefois la mettre en place dans leur emploi.

Au milieu de l’entretien, deux collègues masculins sont arrivés dans le local où nous sommes assises pour prendre leur pause. Il s’agit de Marc et Laurent. Comme un des deux paraît assez enclin à donner son avis et à plaisanter, je leur demande quels sont les avantages ou les inconvénients, s’ils en voient, à travailler avec une femme. Un des deux, Marc, si mes souvenirs sont bons, me dit qu’il préfère travailler en mixte. Il trouve qu’une présence féminine amène de la douceur et du calme auprès des patients. Laurent précise que dans certaines situations, une femme se laissera plus facilement approcher et ausculter par une femme. Les deux sont d’accord pour dire que les femmes apportent un complément dans l’équipage. Au vu de la bonne camaraderie qui règne lors de cet entretien, il semble que tout ce petit monde a du plaisir à travailler ensemble, tout genre confondu.