Fée verte ?

Fée verte?  |  A l’heure actuelle, et encore plus à l’heure du salon de l’automobile de Genève, le monde entier plébiscite l’énergie électrique. Voitures électriques, vélos électriques et, pourquoi pas… rasoirs électriques ! Cette sympathique bien-pensance ne fait que repousser le problème un peu plus loin. Un peu comme si on envoyait quelques déchets nucléaires dans un pays tiers pour être bien certain que chez nous tout est vert, et bien vert. Passer de l’énergie fossile à une énergie renouvelable est certes souhaitable, mais mérite qu’un temps soit donné à la réflexion pour ne pas foncer tête baissée dans un autre piège qui pourrait être bien plus machiavélique. L’ère du « Tout électrique » n’est pas le futur mais bien notre présent ; nos maisons et nos vecteurs de communication sont déjà dépendants du réseau électrique. Pour en mesurer les conséquences, il suffit de se souvenir de la dernière coupure électrique subie et du nombre de systèmes D auxquels nous avons eu recours pour palier aux plus élémentaires de nos besoins quotidiens. Même le chauffage au mazout nécessite un minimum d’électricité pour maintenir une température viable dans nos foyers. Nous sommes donc déjà prisonniers. Remplacer l’énergie fossile nécessaire à notre chauffage et à nos déplacements par de l’énergie électrique « propre » complèterait le cercle de notre dépendance à la fée électricité et, par conséquent, augmenterait encore notre fragilité. Certes, il y a la pollution liée à l’énergie fossile… mais l’électricité pollue-t-elle réellement moins ? Qu’en est-il de la fabrication de batteries ou du transport même de cette énergie ? Du lithium et du cobalt pour les batteries, du cuivre pour l’acheminement, des minerais qu’il faut bien extraire et transporter… Ces pollutions seraient-elles plus acceptables que nos pollutions individuelles ? Nous repoussons le problème par-delà l’horizon et, ainsi, nous nous garantissons une bonne conscience. Prenons le temps de diversifier nos sources d’énergie et de les optimiser, la planète n’a nul besoin d’être sauvée… l’être humain, oui !