Dopage ? La honte et le déshonneur du sportif !

Pierre Scheidegger |  Chacune et chacun le sait: la quasi-totalité des sports est touchée par ce fléau!

Une laideur qui, malheureusement, touche non seulement le champion confirmé, mais de plus en plus de jeunes sportifs, filles et garçons, voire le sportif dit «populaire».

Une jeunesse très concernée !

Lors d’un entraînement, deux jeunes athlètes m’approchèrent et me posèrent cette question: «Monsieur, si l’on fume un joint avant une compétition, est-ce que cela peut améliorer nos performances?» … Un léger silence! J’en fus même surpris. Je leur offris alors cet exemple en forme d’allégorie: «Figure-toi! Il fait moins quinze degrés. Figure-toi au volant d’une «deuche» et tu te trouves à l’entrée d’une autoroute. Tu pars, tu es en première à fond sur les gaz, mais tu ne sais pas changer de vitesse. Je ne pense pas que ta voiture ira très loin avant que le moteur explose! C’est ça le dopage! Mais ton corps n’est pas une voiture ni une machine! Alors oublie!» Leur carrière d’athlètes fut brillante, propre. Ils devinrent des entraîneurs respectés de tous. Ils avaient refusé de tomber dans les travers de la tricherie.

Mais qui en donne l’exemple ?

Il est bien connu que des sportifs cherchent à se procurer, de manière consciente ou non, les avantages qu’ils croient pouvoir tirer du dopage. Cette situation n’est pas nouvelle et on en connaissait déjà l’existence dans l’Antiquité. Je m’autorise néanmoins un rappel nécessaire à chacun, surtout aux jeunes sportifs.

Le dopage c’est : 

L’emploi de substances ou l’utilisation de moyens ayant pour but d’accroître artificiellement le rendement de l’athlète qui participe à une compétition sportive ou s’y prépare. Chaque responsable, qu’il soit entraîneur, dirigeant, soigneur ou actif dans d’autres fonctions touchant au sport et à la jeunesse sportive, doit rejeter sans arrière-pensée le dopage, car

• Il est préjudiciable à l’athlète (éthique médicale).

• Il est préjudiciable au sport (éthique sportive).

Il est donc impératif que l’éthique sportive s’ajoute à l’éthique médicale pour combattre le dopage, que l’éthique du médecin réponde à l’attente du sportif.

On peut alors se poser cette question, pourquoi une éthique sportive? 

Parce que l’éthique sportive permet de déterminer ce qui est bien et ce qui est néfaste pour le sport et ceux qui le pratiquent. C’est l’éthique sportive qui permet de veiller à ce que le sport reste un élément de promotion de l’homme et non pas un élément de dégradation physique ou morale. Sans m’appesantir sur ce qui se passe dans certains sports, il ne faut pas non plus cultiver les a priori. Il est important de reconnaître que la grande majorité des champions, tous sports confondus, n’ont jamais touché au dopage, tout en sachant, il est vrai, que l’on ne peut en être absolument sûr! Alors, essayons d’imaginer un dialogue entre une jeunesse sportive et des champions confirmés… et propres. Ces derniers pourraient devenir des «ambassadeurs» de la lutte contre le dopage, en rappelant que souvent le sportif qui triche prend pour excuse:

• L’obligation du résultat.

• La gloire, si éphémère
soit-elle.

• L’argent.

Tout en oubliant, ou ignorant, que se doper est un manque inadmissible de respect envers ses adversaires et fausse, sans excuses, les résultats des compétitions. On peut considérer le dopage comme du vol organisé d’une victoire qui n’en est pas une! Et encore moins la leur. C’est une attitude volontairement antisportive détestable !

Pour qu’il soit et reste «jeu», le sport prévoit les mêmes règles pour tous

On doit les appliquer et les faire respecter par chacune et chacun, faute de quoi il ne serait plus possible ou inutile que les sportifs, les athlètes se mesurent à la loyale. Et si ce n’était pas le cas, alors les conflits de toutes sortes s’installeraient (on en fait déjà l’amère constatation avec certains sports) et perdureraient au déshonneur de cette culture incontournable que doit représenter le sport au profit de nos sociétés.

Rappelons-nous que le dopage est une prise de médicaments interdits par une liste imposante édictée par le CIO et agréée par les fédérations internationales; les substances incriminées peuvent avoir des incidences catastrophiques sur la santé, pouvant aller jusqu’au décès du sportif. Il semble cependant que les milliards de francs que génère le dopage peuvent encore cacher la réalité des conséquences de ce triste épisode donnant la victoire aux tricheurs!

Heureusement, même si cela est un peu tardif, les responsables et dirigeants sportifs ont pris conscience de ce fléau en augmentant les années d’interdiction de licence d’un sportif déclaré positif par les laboratoires antidopage reconnus. Quatre ans lors du premier contrôle positif de l’athlète et à vie si récidive tout en laissant au sportif le sentiment d’une possible erreur qui impliquerait à nouveau les instances juridiques du sport.

Est-ce une évolution?

Peut-être le début! Cependant toutes les familles du sport, à tout niveau de responsabilité, doivent se sentir concernées par leur responsabilité engagée, surtout à l’égard de notre jeunesse qui aspire, aux prémices de leur carrière, à ne trouver que satisfaction à la pratique de leur sport. Pour l’enfant, l’adolescent, le sport est plaisir et progrès. Il a, néanmoins, aussi le droit de ne pas être un champion!