District de Lavaux-Oron 10 ans déjà !

Dans un message aux concitoyennes et concitoyens vaudois de 2005, le Conseil d’Etat disait ceci: le 22 septembre 2002, le Peuple vaudois a accepté sa nouvelle Constitution qui est entrée en vigueur le 14 avril 2003

Jean-Pierre Lambelet  |  Son article 158 stipule que les contours des districts du canton, qui existent de manière presque inchangée depuis 1803, doivent être redéfinis dans les 10 ans. Une disposition transitoire précise que le nombre de districts sera de 8 à 12 au lieu des 19 actuels. Cette réduction avait pour objectif l’abaissement du nombre de députés de 180 à 150 et une taille minimale de 42’500 habitants par district. Assez rapidement, les parlementaires se sont dirigés vers l’étude d’une variante à 8 districts et d’une variante à 10 districts. L’influence sur la répartition des sièges de députés étant sensiblement la même dans les deux variantes, c’est finalement la variante avec 10 districts qui a prévalu et le 30 mai 2006 la nouvelle loi sur le découpage du territoire (DECTER) était promulguée. Et ainsi, dès le 1er janvier 2008, le canton de Vaud est découpé en 10 districts abritant 10 préfectures.

«Engraisser le distric»

Nous avons demandé à Philippe Modoux, syndic d’Oron, qui était député et membre de la commission DECTER durant toute cette période d’étude sur la composition des districts de nous raconter les principaux éléments qui ont impactés l’ancien district d’Oron. Il se souvient bien que pour créer un district avec plus de 42’500 habitants à l’est de Lausanne, il fallait un peu «engraisser» le district de Lavaux en chipant Belmont, Paudex et Pully au district de Lausanne et en annexant le district d’Oron sans les communes de Carrouge, Corcelles-le-Jorat, Peney-le-Jorat, Ropraz et Vulliens qui rejoignaient le nouveau district Broye-Vully. Restait à trouver un nom pour ce nouveau district et c’est assez naturellement que Lavaux-Oron s’est imposé en regroupant au départ 32 communes avec pour chef-lieu Cully. Dès le 1er juillet 2016, avec les diverses fusions de communes, le district de Lavaux-Oron comprend 17 communes. Ainsi Oron a perdu son district, sa préfecture et son chef-lieu, ainsi que divers services cantonaux comme l’Office des poursuites, l’Office d’impôt, le Registre foncier et l’ORP (Office régional de placement) représentant environ une quinzaine de postes de travail. Lavaux-Oron, en même temps qu’il devenait un nouveau district, devenait aussi un arrondissement électoral avec une représentation de 12 députés(es) au Grand Conseil. Lors des élections de 2007, suite au nouveau découpage, Philippe Modoux s’est retrouvé le seul rescapé des 3 députés de l’ancien district d’Oron. Durant la législature actuelle 2017-2022 la députation du district de Lavaux-Oron est composée de 4 ressortissants de Puidoux, 3 de Lutry, 2 d’Oron, 1 de Forel-Lavaux, 1 de Bourg-en-Lavaux et 1 de Pully.

L’homme de la campagne amoureux du consensus

Et que pense Daniel Flotron, préfet du district de Lavaux-Oron depuis le 1er mai 2016, de ces 32 mois passés dans sa nouvelle activité dans un district tout juste vieux d’une décennie? Dans un premier temps, Daniel Flotron dit se sentir totalement à l’aise dans un district presque taillé pour lui, lui l’homme de la campagne amoureux du consensus, mais avec des idées progressistes tendant vers le bien communautaire. Il se plait à relever que toutes les communes disposent sur leur territoire de surfaces agricoles sauf Paudex et Rivaz. Qu’elles ont toutes des forêts, sauf Paudex, et que la vigne est présente partout soit en propriété, soit avec des vins d’honneur. Cette liaison ancestrale entre le haut et le bas qui date du paysan-vigneron ou du vigneron-paysan est encore bien présente dans la configuration des communes bordant le Léman. Mais depuis 1803, les choses ont bien changé et plus particulièrement l’économie et les services qui ont supplanté les revenus provenant du secteur primaire.

Des zones de production et des centres commerciaux

On peut distinguer des zones avec des centres de production comme à Savigny, Forel-Lavaux, Jorat-Mézières, Palézieux et Puidoux et des zones avec des centres commerciaux dont la plus grande se situe à Oron. D’ailleurs, la zone commerciale d’Oron est aujourd’hui un peu le centre névralgique du district, car il y autant de chalands qui viennent du bas du district, de l’est, de l’ouest et bien sûr du Jorat et du canton de Fribourg qui y trouvent pratiquement la totalité des produits qui leurs sont nécessaires. Depuis 2004, au moment où s’esquissait la composition des districts, la population est passée de 48’624 habitants à 62’315 habitants, soit une hausse de 13’691 habitants en 14 ans. Seule la commune de Rivaz a conservé le même nombre d’habitant alors que toutes les autres communes ont plus ou moins fortement progressé. Si sur le plan scolaire, la nouvelle loi Harmos a fait se regrouper plusieurs communes du district, c’est un élément de plus favorable à une meilleure connaissance des «voisins» que l’on côtoie maintenant dès l’enfance. 

Cœxistence toute pacifique

Au niveau des transports, on peut dire que ce district voit passer les voitures et les trains dans le sens est-ouest et ouest-est à longueur de journée, car il est juste sur l’axe qui conduit dans la région lausannoise pour les pendulaires du matin et du soir. Au bilan final, la coexistence toute pacifique entre les gens du haut et ceux du bas s’est beaucoup améliorée au fil des ans et le préfet veille à réunir les municipalités, les associations communales et intercommunales lors de séances communes pour débattre des problèmes liés directement au district. Il faut dire que la majorité du travail de Daniel Flotron consiste en des compétences pénales concernant des contraventions et des compétences civiles au travers de la commission de conciliation en matière de baux à loyer et à ferme. A cela s’ajoute son rôle de médiateur dans des conflits pouvant opposer des communes, des associations à des privés ou d’autres associations. Et parfois, comme récemment, en un mois, il est parvenu à débloquer un conflit vieux de deux ans…! Le préfet détient encore beaucoup d’autres compétences administratives, de surveillance des élections et des votations, de bons offices, etc. Cette fonction de préfet lui colle à la peau et il aime à se voir comme un «sage» tentant de lier, de relier, de réunir et aussi d’apaiser dans certains cas la vie de ses concitoyens. Merci M. le préfet pour votre disponibilité et que votre district soit et reste le plus sage, le plus dynamique et le plus beau du canton de Vaud pour longtemps!