Des femmes, des hommes: Philippe Modoux, Maître ramoneur

Nathalie Michlig  |  Ouvrons 2017 avec le symbolique porte-bonheur que représente le ramoneur! C’est donc par une belle matinée de janvier, en habit traditionnel, foulard rouge autour du cou, coiffé d’un haut de forme, que Philippe Modoux, maître-ramoneur, nous reçoit. Il nous raconte qu’il a grandit en terre fribourgeoise à Orsonnens. Cherchant un métier manuel, du contact avec les gens, à l’extérieur et indépendant. C’est ainsi, qu’après divers stages, il entendit parler d’une place d’apprentissage, au sein de l’entreprise de feu Ami Guichoud à Oron et qu’il n’en est jamais repartit. C’était il y a 40 ans. Une maîtrise fédérale en poche, il devint maître-ramoneur à 25 ans. Puis d’ouvrier durant de nombreuses années, il eut l’opportunité au décès de son patron de se mettre à son compte. Un métier qui ne cesse d’évoluer
au fil du temps, plus le même qu’à l’époque, comme il le dit.
Un métier passionnant, varié, complexe. Il fût un temps, où le ramoneur allait dans toutes les maisons d’un même village, les clés étaient sous le paillasson, tout se payait au comptant. Entre suie et cendres, débouchant les installations encrassées. Métier de prévention des incendies et de protection environnementale. Depuis quelques années, le ramoneur a dû s’ajuster à la nouvelle technologie, à l’électronique, aux analyses et tests de combustion. De bois, de tourbe ou de charbon, en passant par le mazout, aux pompes à chaleur, pellets ou chaudière à gaz. Moins de suie et plus de rendement au sein des installations, moins de pollution aussi. Un métier très réglementé entre normes de sécurité et l’ECA, qui déterminera le secteur en charge du maître-ramoneur. Une autorisation de pratiquer lui étant délivrée par le Conseil d’Etat afin d’en être concessionnaire. Pas de concurrence, les mêmes tarifs que ce soit sur la Côte, la Riviera ou en nos vertes contrées. Philippe Modoux et son équipe, composée de 3 collaborateurs et de 2 apprentis, sont connus loin à la ronde. Ils rayonnent en 12 communes, de Maracon à Oron, en passant par quelques-unes du Jorat, du district de Lavaux-Oron et celles de Bourg en Lavaux. Ils escaladent les toits avec souplesse et agilité, munis d’un aspirateur, de divers hérissons servant à nettoyer les canaux de cheminée, des brosses de toutes sortes, à tuyaux, à manches, à plumes ou métalliques, mais aussi de joncs, appelés en son temps la sorcière, celle qui s’enroule, et sans oublier l’incontournable échelle. Des compétences il en faut, en plus de celles de la technologie: une bonne condition physique et en santé, de la prudence, ne pas avoir peur du vide ou de prendre de la hauteur, ni être claustrophobe ou couvert de suie, respirer toutes sortes de fumée, s’adapter aux changements de température des chaudières à celles des toits en hiver. Philippe Modoux un homme passionné par son métier, aimant les contacts humains, et le cœur sur la main. Trouver des solutions et négocier. Homme dynamique, engagé aussi bien dans la vie associative de la région, de l’Harmonie d’Oron aux Pompiers ainsi que dans la vie politique. Depuis bientôt 15 ans, il est devenu syndic. Aimant la bonne chair et le vin, aller se promener en forêt, s’y ressourcer en fumant un cigare sur un banc, être auprès des siens. Il a de la gratitude envers la vie, et il se dit chanceux, n’ayant jamais planifié de carrière, les circonstances de la vie et les rencontres tissant son cheminement. En parallèle à son entreprise, exposition et ventes de fourneaux à bois, à gaz ou à pellets. Plus d’infos au 021 907 88 64 ou par mail philippe.modoux@bluewin.ch