Des femmes, des hommes et des passions: Nicolas Kissling, spécialiste du bonsaï

Nathalie Michlig  |  Enfant de la région, Nicolas Kissling a grandi en immersion avec le monde végétal, au milieu des plantes et des serres de l’entreprise familiale à Oron. Après un apprentissage de peintre en publicité et décoration, où il travailla quelques années, s’en vint une période de transition. C’est au cours d’une soirée, qu’il sema les graines de son envie de travailler au sein de l’entreprise familiale. C’est ainsi qu’il eut l’opportunité de gérer une majestueuse serre. C’était il y a une vingtaine d’années maintenant. N’ayant pas peur des défis, Nicolas Kissling changea de cap professionnel pour se lancer pleinement dans cette nouvelle expérience. Il mit en place « Le marché de verre », marché artisanal et de décoration, expositions artistiques et culturelles. Puis, par le biais d’un ami, le bonsaï club de Suisse romande loua ponctuellement la majestueuse serre.

Tout en sensibilité et avec modestie, il nous raconte comment cette passion pour cet art ancestral a fleuri en lui. Conquis autant par le microcosme de passionnés cultivant cet art millénaire que par l’arbre en lui-même. Proposant au fil du temps, matériels et outillage pour bonsaïs, tout en reprenant la gestion de l’entreprise familiale en jardinerie et fleurs. Le bonsaï est l’art de cultiver une plante ou un arbre en pot. Symbole d’éternité et d’harmonie entre l’homme et la nature. Evocation en miniature de la puissance et de la force de l’arbre. Des arbustes, souvent centenaires, se transmettant de génération en génération comme un bien précieux, un objet d’art. Importés par les Chinois au Japon où se développèrent codes et règles. Un art de vivre, entre zen et raffinement esthétique. N’importe quel arbre pouvant devenir un bonsaï. A partir d’une graine, d’un plant d’arbre jeune ou ancien aussi, ayant eu des conditions de croissance particulièrement rigoureuses, restant petits à l’état naturel, entre racines tortueuses et écorce en relief. Des bonsaïs ainsi nommés jusqu’à 1m20.

Lorsqu’il s’adonne à sa passion, Nicolas Kissling nous raconte que c’est comme un état méditatif, hors du temps. Des mouvements répétitifs et apaisants, procurant calme intérieur et ancrage. Ses variétés de prédilection: érables japonais, pins ou genévriers. Trois techniques principales: la taille, le rempotage et l’arrosage. Entre taille des branches et des racines, apports nutritifs et modelage de la forme par ligature. Harmonie et équilibre entre les parties aériennes conditionnées par le volume laissé aux racines. Diverses pinces. Des ciseaux. Aux rythmes des saisons, du cycle d’évolution de l’arbre et de son acclimatation. Patience et observation. Grandit en lui encore plus de conscience et du respect du vivant, un regard amoureux envers la nature au sein de laquelle il se ressource inlassablement.

Nicolas Kissling, homme passionné de bonsaïs mais aussi de musique et d’écriture, ayant élu domicile en famille à Palézieux. A l’automne dernier, il a publié son premier roman « Le grand projet » aux éditions de L’Aire. Fruit de longues années et de nuits d’écriture pour narrer l’immigration des années « 50 ». Bonsaïs d’intérieur et d’extérieur, hivernage en serre froide, cours pour débutants, des conseils ou plus d’infos sur www.kissling-bonsai.ch ou au 021 907 86 41