Des femmes, des hommes et des passions: Michel Viredaz : correcteur

Nathalie Michlig   |  Né à Oron-le-Châtel, Michel Viredaz y a grandi jusqu’à ses 11 ans. Puis, avec ses parents, a déménagé en une maison familiale, sur les hauts de Lausanne. Attiré par l’imprimerie, il fit un apprentissage de compositeur typographe dans les années «70» durant quatre années; puis travailla aux Imprimeries Réunies durant six ans.

Durant cette période, Michel Viredaz composa des annonces pour «La Tribune» et «24 heures». Lorsqu’il recevait les textes, il les recomposait lettre après lettre, en puisant des caractères dans des casses, tiroirs avec des compartiments comprenant aussi des espaces pour les petits et grands caractères. Outils typiques: un composteur, des pinces pour saisir les lettres, des clichés, un typomètre: règle graduée en millimètres et en points typographiques servant à réaliser une mise en pages.

Michel Viredaz assista à l’évolution technologique de l’imprimerie. Dans les années 70 et 80, le plomb fit place à la photocomposition. Les lignes des textes étant créées désormais par un principe de photographie, puis découpées, assemblées et collées, réalisant ainsi les maquettes transparentes des pages d’un journal ou d’un livre par exemple. Epoque des chambres noires et de développement de films, puis de remise en question.

Il entreprit ensuite des études bibliques durant trois années, hésitant même à devenir missionnaire. Les choses de la vie ont fait qu’il reprit son métier, tout en se formant à la photocomposition à Berne. Il avait cependant un rêve qu’il décida de réaliser, celui de devenir correcteur. Il prit des cours par correspondance, puis l’Imprimerie Campiche qui recherchait un correcteur l’engagea.

C’est ainsi qu’il vint travailler sur les terres de son enfance, à Oron au sein d’une entreprise familiale qui lui siéra à merveille durant de nombreuses années. Entre relecture de textes, d’articles ou d’annonces, de cartes de visite, de brochures ou de catalogues, vérifiant scrupuleusement les coupures de mots, les guillemets, les espaces ou les italiques. Entre règles typographiques, orthographe et syntaxe ou classement de dossiers et d’imprimés. Précision et rigueur de correcteur, consciencieux et patient, Michel Viredaz a mis du cœur à l’ouvrage en relisant les nombreuses publications des correspondants du «Courrier», s’immergeant ainsi avec grand plaisir dans la vie de la région où feu son grand-père fut correspondant en son temps. Homme discret, réservé, préférant s’exprimer en écrivant plutôt qu’en parlant.

Hommage à Michel Viredaz qui fut le correcteur du «Courrier Lavaux-Oron» depuis 1989 jusqu’au 30 novembre dernier, date à laquelle il prit sa retraite. Depuis lors, il donne des coups de pouce ponctuels à l’équipe du journal. Il aime à transmettre ses compétences, à s’investir depuis de nombreuses années dans le chant choral, que ce soit au Chœur de la Cathédrale ou celui avec des personnes handicapées. Il coordonne au sein d’une paroisse le travail de bénévoles tout en se ressourçant en marchant à la montagne.

Michel Viredaz a collaboré au journal de notre région pendant 27 années, les erreurs et la syntaxe n’échappant point à son regard de lynx et à ses compétences orthographiques hors pair. Avec d’infinis remerciements, nous lui souhaitons une vie de retraite bien méritée!