Cully Jazz 36e édition

Du 13 au 21 avril, considéré comme « LE » festival de jazz en Suisse

Christian Dick  |  Une société de vente aux enchères a mis à l’encan, le 21 mars dernier, un auto-portrait de Ferdinand Hodler datant de 1916. Le tableau a été adjugé pour Fr. 600’000.-. L’enchérisseur téléphonique
(presque anonyme) a encore versé une échute de Fr. 120’000.– sur laquelle est perçue une taxe de Fr. 9240.–.  Le total de la transaction s’est élevé à Fr. 729’240.–. Tout le monde s’y est retrou-vé, même l’Administration fédérale des contributions. La richesse crée la richesse.

Quel rapport avec le Cully Jazz ?

Aucun a priori. Sauf qu’un seul tableau a généré à lui seul le tiers du budget total du prochain Cully Jazz Festival qui a attiré l’an dernier 65’000 visiteurs, offre plus de cent concerts gratuits, en organise 39 payants, ouvre 26 lieux au public, occupe 500 bénévoles et permet, entre autres, aux 45 vignerons associés à l’événement de vendre 16’500 bouteilles de vin (il s’en écoule autant de bières). Cette 36e édition a été officiellement présentée mercredi 17 janvier au cinéma Capitole. Les citoyens de Bourg-en-Lavaux assistaient à la projection du film Born to be Blue, l’histoire du trompettiste Chet Baker. L’entrée en matière fut belle. On apprenait peu avant que notre festival était considéré comme «LE» festival de jazz en Suisse. Il a toutefois atteint sa taille critique. Les organisateurs ne rechercheront désormais pas davantage de public, mais une ambiance de qualité. L’événement accueille les dernières tendances du jazz, donne la scène aux jeunes générations et fait une belle place aux talents suisses. Dans les voix féminines, le nouvel album de Lisa Simone aux sonorités R&B et soul, Lizz Wright et ses origines rurales, les voix uniques de Youn Sun Nah et suave de Zara McFarlane, chaude de Mélissa Laveaux, puissante d’Ester Rada, douce d’Elina Duni devraient ravir le public. L’Afrique est bien représentée, de même quelques figures de légende et une nouvelle génération bouillonnante. Tout a plus ou moins été dit: le programme, les ballades tout public, le festival en chiffres, les différents sites, le plan, la restauration, les caves, le IN et le OFF, la participation en hausse des musiciennes, les highlights, les sponsors, le public, les riverains, les horaires, les accès et transports, la billetterie, la boutique, le plan du Festival, l’hébergement, les concerts pour enfants, les ballades musicales.

Qu’ajouter ?

Disons qu’au chapitre des nouveautés, deux nouvelles scènes extérieures, l’une au bord du lac et l’autre au centre du village, dites Open Jazz, présenteront de jeunes musiciens du jazz suisse. Ajoutons qu’une cave rend hommage à feu notre ami Daniel Thentz et lui donne son nom. Un hommage en somme au co-fondateur du Cully Jazz Festival où seront repris les grands classiques du jazz. La soirée de soutien, dimanche 15 avril, comprend un cocktail dînatoire au restaurant du festival et un billet pour le concert du jour, les Blind Boys of Alabama. En devenant Ami du Festival, vous ajoutez une contribution personnelle pour l’organisation des 100 concerts gratuits. A part ça, le public s’accroche difficilement à l’affiche. On veut bien reconnaître les altitudes topographiques d’une carte, on peine à relier les pentes de Lavaux aux ondes sonores et aux vibrations musicales d’un concert.

Dans les caveaux

Pour résumer, le Caveau des Vignerons reçoit des musiciens qui se retrouvent pour des jams sessions; le tHBBC invite cette année le musicien suisse Louis Jucker ; Léo Tardin présente ses nouvelles compositions au caveau du Raisin; le Schlagzeug et Sweet Basile attirent les férus de jazz actuel; le Caoua Jazz fait un clin d’oeil à la chanson française et le caveau Mélanie Weber à l’ouverture au monde; le café de la Poste aime le blues; les férus de jazz traditionnel se retrouveront au caveau Potterat et au Biniou, ceux de jazz manouche sur le pont ou dans les cales du Venoge. Des quatre coins du globe se succéderont au Club des formations de jazz actuel en première partie, en deuxième des sonorités groove et funk. Open jazz propose trois lieux ouverts. Au Thentz Club, du nom du trompettiste local et co-fondateur du festival, Frederic Debraine revisite les grands classiques. Il faut être majeur pour entrer au DJS Next Step et assister à des concerts de house, de groove, de funk, de disco ou de samba. Qu’ajouter? On a vu que a richesse créait la richesse. Mais pas seulement. La passion crée aussi l’événement.

Liens utiles: billetterie@cullyjazz.ch – cullyjazz.ch

Jean-Marc Perrin fait partie des nombreux bénévoles

 

«Jazz à portée de main»

Pour la troisième fois et grâce à l’association «l’Art d’Inclure», à la collaboration de Pro-Infirmis Vaud et des bénévoles de la Chaise Rouge, sous le label «Jazz à portée de main» auront lieu au caveau Potterat, deux concerts à l’attention des malvoyants.

Mousquetaires engagés
Deux concerts qui s’ajoutent à une liste déjà longue d’événements passés dans le programme de «l’Art d’Inclure», association à but non lucratif, fondée à Lausanne en octobre 2015. Muriel Siksou, malvoyante, passionnée de culture, Quitterie Ithurbide, artiste plasticienne et Gabrielle Chappuis, médiatrice culturelle sont les trois mousquetaires de «l’Art d’Inclure» permettant l’accès à la culture aux personnes en situation de handicap visuel et de double handicap (surdi-cécité), et à tout public intéressé. L’association propose des visites adaptées de musées, des concerts et d’autres activités culturelles, à raison d’une sortie par mois.
Des événements sont prévus avec participation du public dans un but de sensibilisation à l’handicap visuel. www.lartdinclure.ch

CR

Au caveau Potterat de 18h à 21h
Visite tactile de la scène en préparation, repas payant, concert gratuit
mercredi 18 avril avec « HOT PEPPER BAND » style New Orleans
jeudi 19 avril avec «HARASSE JAZZ BAND
inscriptions : contact@lartdinclure.ch