Journées de Soleure 2019 – Comment voulons-nous vivre?

Colette Ramsauer | La 54e édition des Journées de Soleure, qui se terminait le 31 janvier, mettait à l’affiche 165 films suisses de court et de long métrages, dont 30 Premières de toutes les régions du pays. 18 réalisateurs présentaient leur premier métrage. Une belle cuvée aux effluves de Schwiizerdütsch!

Questions fondamentales

Religion et spiritualité étaient les thèmes choisis de cette édition. Avec Der Büezer (L’Ouvrier), fiction de Hans Kaufmann, qui s’infiltre dans une secte à Zurich; Female Pleasure, documentaire de Barbara Miller qui suit à travers le monde cinq femmes fortes, victimes des dogmes et des traditions; très attendu de Stefan Haupt, Zwingli, brossant le portrait du réformateur, nous projetant dans les guerres de religion; tant de sujets soulevant des questions fondamentales comme le fait prodigieusement le documentaire de Christian Schaub L’Architecture de l’Infinité.

«Les films nous tendent un miroir» 

Les Journées de Soleure ont signé cette année la Charte internationale pour l’égalité des genres et la diversité dans les festivals de cinéma, répondant à l’initiative du Swiss Women’s Audiovisual Network. Seraina Rohrer, directrice des Journées de Soleure depuis 2011, rappelait dans son allocution que le cinéma nous indique où s’attisent les conflits, ce qui hante la société, les thèmes qui soulèvent les passions: « Les films nous tendent un miroir. Cette année, les cinéastes s’attaquent à de grandes questions. Qu’est-ce qui donne un sens à notre existence? Comment voulons-nous vivre ? » Question majeure face aux problèmes climatiques qu’abordent plusieurs films cette année.

S comme Solothurn, Soleure, Soletta

A Soleure, l’engouement du public pour le cinéma est étonnant. Les salles sont bondées à de nombreuses séances. Le documentaire de Stéphane Goél Insulaire (sortie prévue le 13 mars en romandie) a fait salle comble au Landhaus, à 9h30 le matin! Pedro Lenz, écrivain populaire en pays germanophones, prête sa voix à la version allemande de la narration de Insulaire. La majorité des films sont sous-titrés en français ou en allemand. Si les films romands étaient, cette année, bien présents et se défendent par leur qualité – plusieurs nominations à Soleure pour le Prix Suisse du Cinéma 2019 à Genève le 22 mars prochain -,  Suisse italienne et romanche étaient peu représentées.

Les Petites Fugues à l’honneur 

Hommage était rendu aux réalisateurs Yves Yersin et Alexander J. Seiler, décédés en novembre dernier, ainsi qu’à Pio Corradi (décédé en janvier 2019), chef opérateur qui a largement participé par ses superbes images au succès du film Les charbonniers visible en novembre dernier au cinéma d’Oron. Le 28 janvier, le Kino im Uferbau projetait Les Petites Fugues, 1979, d’Yves Yersin. Robert Boner, Madeleine Fonjallaz, producteurs du film étaient présents pour revoir Pipe et ses escapades.

Prix bénis

La réalisatrice bâloise Fanny Bräuning remporte le «Prix de Soleure» doté de 60’000 francs pour «Immer und ewig». Elle a filmé ses parents dans leur voyage en camping-car à travers le sud de l’Europe. Son père Niggi au volant, sa mère Annette, atteinte de sclérose en plaques assise à ses côtés. Le jury a été impressionné par ce «film personnel d’une grande intensité». Le réalisateur zurichois Martin Witz décroche le «Prix du public», doté de 20’000 francs, pour «Gateways to New York». Le documentaire raconte l’histoire de l’ingénieur suisse Othmar H. Ammann qui, émigré à New York en 1904, a redéfini les règles de la construction de ponts. Reconnu mondialement dans le monde de l’architecture, il le sera désormais du grand public, grâce à ce merveilleux documentaire. Le prix du meilleur film de court métrage va à Bonobo, fiction 18’ de Zoé Aeschbacher, celui du film d’animation à Kuap, 7’ de Nils Hedinger. Le Prix du film de télévision suisse pour les meilleurs acteurs revient à Anna Pieri et à Thibaut Evrard, premiers rôles dans «Double vie», série qui a choisi pour décor le beau Lavaux. 

Stéphane Goël à Soleure pour présenter son film

Marjolaine Perreten présentera « Le dernier jour d’automne » à la Berlinale

La Rédaction | Le court-métrage d’animation de Marjolaine Perreten « Le dernier jour d’automne » à été sélectionné par la Berlinale et sera présenté en première mondiale en compétition internationale du 6 au 17 février. La jeune savignolanne est aussi connue comme la présidente-fondatrice de l’annuel Festival du Film d’animation de Savigny. Le Courrier reviendra prochainement et plus longuement sur ces événements.

Marjolaine Perreten