Combattons le littering à Oron – le mot de la municipalité

Christian Bays, municipal  |  En 2014, le Conseil communal de la commune d’Oron décidait de financer l’élimination des déchets sur le principe de causalité plus communément appelé «principe du pollueur-payeur».

Les bases légales de ce principe se trouvent dans la loi fédérale sur la protection de l’environnement (art. 2, art. 32 et 32.a) qui dit en substance que les frais d’élimination des déchets sont financés par celui qui les produit et que ces coûts ne peuvent être financés totalement par l’impôt. Dès cette date, des «Molok» avec système de pesée et cartes à prépaiement (55 Molok) sont installés sur tout le territoire communal afin d’éliminer les ordures ménagères.

Une taxe de base permet à la commune de financer les trois déchèteries qui récupèrent les déchets qui ne peuvent être déposés dans les sacs poubelles.

Quelle quantité de déchets pour Oron?
Les «Molok» et les trois déchèteries de la commune d’Oron ont récolté durant l’année 2016 plus de 3350 tonnes de déchets.

Conséquences du changement
Avec l’introduction de la taxe au poids, la population a effectué un tri très strict des différentes sortes de déchets. La Municipalité tient à saluer cette forte conscience écologique. Les taxes calculées au début de la mise en place du principe de causalité devaient servir à couvrir les frais que l’élimination des déchets engendrait, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Une des explications que l’on peut avancer se trouve dans les quantités de déchets qui ont été sortis des sacs pour être transférés dans les bennes des encombrants et des plastiques entre autres. Le tableau ci-dessous montre en effet ce transfert. On remarquera que globalement les quantités de déchets ont peu évolué ces dernières années.

Problématique des plastiques
Le tri des plastiques, à l’exception du PET, n’a plus de sens (cf. encadré). La municipalité étudie un système payant pour traiter la problématique des plastiques en déchèterie. Pour rappel, tous les plastiques (emballages alimentaires entre autres) qui entrent dans un sac de 60 litres doivent être éliminés avec les ordures ménagères et ne pas être ramenés en déchèterie.

Le recyclage du PET à Oron
Lors de l’année écoulée 2016, les différents points de collecte mis à disposition de la population ont permis de recycler 7293 kg ce qui correspond à 264’725 bouteilles et ce qui a permis d’économiser 21’878 kg de gaz à effet de serre et 6928 litres de pétrole.

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Pour quelle raison la commune d’Oron envisage-t-elle de ne plus proposer une collecte séparée des plastiques?

Les municipaux responsables du dicastère des déchets sont sous pression. Or ni l’écologie, ni l’économie ne poussent au recyclage de tous les plastiques. A l’instar de plusieurs périmètres vaudois de gestion des déchets, la commune d’Oron envisage de supprimer la collecte gratuite des plastiques en déchèterie.

Aujourd’hui, tout le monde parle des plastiques.
Les informations disponibles sont aussi diverses que variées sur ce sujet indissociable de l’actua-
lité. Même si certaines personnes veulent trier les plastiques par pure conscience environnementale, une majeure partie veut sortir les plastiques de leur sac taxé au poids pour faire des économies. Or, une collecte des plastiques en déchèterie coûte beaucoup plus cher que si ces plastiques étaient éliminés avec les ordures ménagères. Ces coûts seront répartis sur l’entier de la population à travers l’augmentation de la taxe forfaitaire. Pourtant, la loi fédérale, avec le principe de causalité, exige que les coûts d’élimi-
nation des déchets soient assumés par celui qui les produit.

Hélas, en Suisse, le recyclage des plastiques mélangés n’est aujourd’hui ni viable, ni efficient. C’est un leurre écologique et un non-sens économique. Une benne de plastiques mélangés finit aujourd’hui sa vie en usine d’incinération au même titre que les ordures ménagères. En l’état de la technique, il n’y a pas de recyclage possible. Toutefois, ces déchets sont revalorisés thermiquement via la SATOM en produisant de la chaleur et de l’électricité.

Les recommandations des périmètres, du canton et de la Confédération vont dans le même sens. Aucune collecte mis à part les bouteilles en PET n’est actuellement recommandée. Les autres plastiques doivent être rapportés dans les supermarchés (flaconnage) ou déposés dans
les sacs à ordures ménagères.

En espérant que ces quelques lignes vous apportent les connaissances nécessaires pour comprendre le choix de votre commune.

Article reproduit avec l’aimable autorisation de VALORSA SA, périmètre de gestion des déchets pour 101 communes vaudoises.