C’est à lire – « Journal d’un proche aidant » de Gilbert Kislig

Quand on se marie, ou du moins quand on se mariait, c’était pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur étant passé, on se retrouve souvent à vivre le pire quand arrivent la vieillesse et la maladie. Certains ne s’en sentent pas capables, d’autres affrontent bravement la situation comme Monsieur Kislig.

Milka  |  Avec sa femme Berty, il partageait la passion des voyages. Ils ont visité tous les pays d’Europe, montant au Cap Nord par la Suède et redescendant par la Finlande et le Danemark. Ils sont allés deux fois à Istanbul. Ils ont sillonné les Etats-Unis d’Est en Ouest, visité le Québec, le Maroc, la Tunisie, les Canaries, le Kenya, la Thaïlande, Tahiti, Morea et Bora-Bora. C’est dire s’ils en ont vu du pays

Mais cela c’était avant. Avant l’AVC de son épouse en 2006. Par amour, il n’a cessé de s’occuper d’elle, gravement handicapée en, devenant «proche aidant». Pendant toutes ces années, il en a vu des soignants pratiquant les mauvais gestes, manquant d’empathie avec les malades, faisant des erreurs. Mais il n’est pas là pour critiquer. Bien au contraire, il souhaite prouver que chacun peut y arriver et devenir le gardien physique et moral de son proche malade. Il dit que si cette épreuve est difficile, elle n’en est pas moins réalisable.

Par son positivisme, il a bousculé les constructions traditionnelles dans les relations soignantes et réussi à engager le Groupement hospitalier de l’Ouest lémanique à élaborer la première charte des proches aidants corédigée avec les acteurs de la santé des cliniques de Bois-Bougis et de la Lignière. Il participe aux journées de formation dédiées aux professionnels soignants. Ces échanges permettent une prise de conscience du rôle de proche aidant que les équipes soignantes et hospitalières doivent intégrer dans leur pratique clinique.

Il pourrait être désabusé, se fâcher quand il vit des situations aberrantes comme ce jour où son épouse devait passer un scanner. L’assistante lui met dans la main une sonnette qu’elle peut utiliser si elle ne se sent pas bien. Mais elle la lui met dans la main paralysée. Ce sont des petits événements comme celui-ci qui l’ont amené à prendre contact avec les acteurs de la santé pour essayer d’apporter des améliorations. Il ne tombe jamais dans la critique ni la colère. Il soulève des problèmes, qui sont bien réels, mais il apporte des solutions.

C’est un très beau témoignage d’amour en premier lieu, mais aussi une aide morale pour tous les nouveaux proches aidants qui se retrouvent du jour au lendemain avec des charges qui quelquefois les dépassent. Pour leur montrer que c’est possible. Difficile mais possible. Un merveilleux message d’espoir.

Parce qu’il est un altruiste convaincu, il ne vend pas son livre. Il l’offre. Encore un beau geste. Si vous désirez l’obtenir. Vous pouvez lui écrire par mail à: g.kislig@gmail.com ou par poste: route des Montagnes 5, 1269 Bassins.

Gilbert Kislig, un proche-aidant