Carrouge – Le cinéma du Jorat, une histoire de familles

La tradition remonte à 1951 !

Colette Ramsauer  |  Dans notre édition du 8 novembre, nous rencontrions Laurent Toplitsch, directeur du cinéma d’Oron. Aujourd’hui, questions-réponses avec Sylvie Jordan, présidente de l’Association du cinéma du Jorat à Carrouge.

Le Courrier: le cinéma de Carrouge survit grâce au bénévolat. Comment cela fonctionne-t-il ? 

«Nous sommes 40 sociétaires, places transmissibles par succession ou offertes à de nouveaux arrivants bénévoles. Nous fonctionnons avec quatre projectionnistes modestement rémunérés. Les tâches vont du choix des films, programmation, projection, au placement des chaises, les entrées, la  buvette. Notre présence annuelle à des rencontres avec le milieu du cinéma suisse ou romand boucle la liste des activités. Nous subsistons grâce au fait que la grande salle communale (200 places) est prêtée gratuitement. S’ajoutent la publicité et les sponsors.»

Comment sont choisis les films?

«Nous faisons appel à des personnes d’opinions différentes. Longtemps nous n’étions que des dames. Aujourd’hui, un homme dans l’équipe corse un peu la sélection. Le mercredi passe les films d’accès plus difficile. En fin de semaine, c’est plutôt grand public avec des comédies françaises, par exemple.»

Votre grand-père, puis votre mère oeuvraient déjà. Autant dire que vous êtes tombée dans la potion magique? 

«Très tôt. Preuve les premières fois, je jouais avec les chaises!» Rires. «Mes deux parents faisaient partie des actifs du tout début. Actuellement, encore huit à neuf familles carrougeoises sont représentées par les deuxième et troisième générations.»

 Quel est l’âge de votre public?

«Le retour des enfants venant voir les grandes productions de films d’animation a rajeuni le public. Mais nous avons perdu le public des 20-40 ans dont faisait partie les jeunes couples. Des séances sont organisées parfois par les enseignants pour les écoliers.»

Obtenez-vous facilement les derniers films sortis?

«Aujourd’hui, les films sont disponibles plus tôt qu’auparavant, bien que les distributeurs ne les cèdent pas facilement s’il s’agit de films à succès. La plupart ne font pas plus qu’un mois dans les cinémas car actuellement pour un film c’est le seul fait d’avoir passé en salle qui compte, pour ensuite se vendre à d’autres médias, TV, DVD, etc. Ce qui explique le flux constant de nouveaux arrivés dans le
circuit.»

L’avenir des salles de cinéma vous semble-t-il noir ?

«Nous ne nous sentons pas vraiment menacés pour le moment, nous allons «bonant malant». Attendons pour voir!» Notre cinéma a encore de quoi espérer. Aujourd’hui, 20 à 25 films sont proposés chaque année avec une fréquentation qui n’augmente pas, c’est vrai. Un seul film qui marche par année suffit pour s’en sortir.» Le public apprécie l’atmo-sphère de ce cinéma des champs. Le prix est correct, le parking gratuit et assuré. Le lieu tient son rôle social de rencontres. L’entracte résiste un soir en fin de semaine. Sylvie Jordan précise: «Chez nous pas de pop corn… nous n’aimons pas balayer!»

Cinéma des champs…

CR  |  La tradition remonte à 1951, au moment de la construction de la salle communale. Pour lui assurer une utilisation maximale, se crée l’Association du cinéma du Jorat qui connaîtra immédiatement du succès. Salle bondée en permanence, alignement des vélos devant le bâtiment. Puis arrive l’ère de la vidéo qu’on regarde à la maison sur son canapé… une traversée dans le désert. Puis le renouveau. Cette fois, se sont les voitures qui s’alignent sur le vaste parking. Aujourd’hui, il vit un autre creux de vague comme toutes les salles obscures. Notons que la salle est équipée d’un émetteur pour le type d’appareil Sennheiser RS 4200 à l’attention des malentendants. Que la Lanterne magique est toujours active pour les enfants, comme plus récemment la petite lanterne pour les 3 à 4 ans accompagnés des parents. Après l’arrivée du numérique dans les années 2000 qui a aboli la pellicule, actuellement le disque qui l’a remplacé disparaît également au profit du téléchargement. On n’y est pas encore, mais cela ne saurait tarder. www.http://www.cinema-du-jorat.ch

Programme de fin d’année

Casse-Noisette et les 4 royaumes (famille) 100min, 8/10 – Vendredi 7 décembre à 18h et samedi 8 à 17h

Kursk (drame) 110min 12/14 – Vendredi 7 et samedi 8 décembre à 20h30

Les Chatouilles (drame) 100min 12/14 – Mercredi 12 décembre à 20h et samedi 15 à 17h

Mauvaises Herbes (comédie) 100min 10/12 – Vendredi 14 et samedi 15 décembre à 20h30

Entrée Fr. 10.-  – Prochaines séances: me 9, ve 11 et sa 12 janvier 2019