Bon anniversaire Madame Rogivue, et bonne santé…!

Jean-Pierre Lambelet  |  C’est dans la douceur du mois d’août que la famille Rogivue de la Corraye, au nord de la commune de Puidoux, s’est réunie pour célébrer en toute simplicité une nonagénaire à l’œil vif et pétillant sur l’ancien pont de danse local, récemment rénové, datant du début des années 1800 et qui jouxtait alors une pinte que la Municipalité de 1820 reconnaissait «d’une grande convenance pour le public…»

Anne-Lise Leyvraz est née le 2 août 1926 à la maternité de Lausanne, juste avant le début des moissons, au domaine de la Grangette à Puidoux. Ses parents, Benjamin et Yvonne Leyvraz, l’ont encore entourée d’une sœur et d’un frère pour animer le foyer…

Son papa tenait un agenda dans lequel il notait les évènements de l’année. C’est ainsi que l’on peut lire que le 18 février 1926 un premier train électrique relie Palézieux à Lausanne. Que le 12 juin un ouragan dévaste La Chaux-de-Fonds et que le 3 juillet un autre ouragan fait de même en Lavaux. Dans le «bon vieux temps», il ne faisait pas toujours beau !

Elle suit sa scolarité au collège de Grangeneuve, qui est presque du même âge qu’elle puisqu’il fut inauguré en 1927, puis elle file une année à Lenzburg dans une école ménagère.

De sa période scolaire, elle avait gardé au fond de son cœur un sentiment naissant de tendresse et d’amour pour un certain Francis Rogivue, et c’est tout naturellement qu’en 1950 il lui passa la bague au doigt…

Puis, Francine, Jean-Marc et Marianne sont venus égayer la ferme de la Corraye.

Ils étaient là, tous les trois, pour fêter leur maman qui est aujourd’hui onze fois grand-maman et deux fois arrière-grand-maman.

Le syndic de Puidoux, René Gilliéron, épaulé par Jean-François Rolaz, municipal, lui remirent des cadeaux dont des fleurs non coupées qui sont la passion d’Anne-Lise.

Le pasteur Eric Bornand lui adressa quelques mots en respectant le souhait de la nonagénaire d’être «pas trop long»…! Ce qu’il fit avec humour pour cette ancienne monitrice d’école du dimanche.

Les représentants du Fil d’argent, de la Société de couture et des Paysannes vaudoises de Puidoux (dont elle fut membre fondatrice) lui adressèrent tout plein de belles paroles et de présents.

Au travers de ces discours, c’est mille souvenirs qui ont défilé en quelques minutes: le travail à la ferme, la confection des gâteaux et des biscuits, la culture des fleurs et des légumes, la formation des jeunes Suisses allemandes qui accomplissaient une année au Pays de Vaud,  pour aboutir à ce jour anniversaire dans la continuité d’une vie qui la voit aujourd’hui être la gardienne d’un hôtel 5 étoiles pour chats de toutes les couleurs qui l’entourent et s’endorment volontiers sur son tablier pendant la traditionnelle lecture de l’après-midi.

Bon anniversaire Madame Rogivue, et bonne santé…!