Bâton ou carotte…

Petit précis de psychologie à 2 balles. L’usage de l’un ou l’autre implique forcément une position de demandeur. Le simple fait de vouloir qu’un autre fasse ce qu’on sollicite de lui implique une position de force. Hiérarchie artificielle ou pouvoir naturel, l’autre est censé s’exécuter, et avec le sourire s’il vous plaît.

Il existe pléthore d’ouvrages sur le sujet et une vie ne suffirait pas à les lire ; quant à appliquer leurs conseils, il en faudrait une deuxième… Par conséquent, nombre de cadres y vont à la va-comme-je-te-pousse et souvent ne parviennent pas au résultat escompté. Le principe de Peter n’est plus très loin et le seuil d’incompétence rapidement atteint.

Pourtant, le bon sens véhicule depuis belle lurette les deux façons d’y parvenir : le bâton et la carotte ; concept vieux comme Mathusalem, il aide pourtant bien à comprendre le monde dans lequel nous vivons, tant au niveau de notre quotidien qu’à une échelle géopolitique bien plus large. Cela reste le meilleur moyen de faire exécuter par un autre ce qu’il n’avait pas décidé de sa propre initiative, sans pour autant qu’il soit ni pour ni contre, bien au contraire…

L’usage en est bien répandu. Bien que le bâton laisse des traces et que la carotte, soit reste irrémédiablement virtuelle, soit ouvre un appétit démesuré, de subtils raffinements ont été aménagés à travers le temps. Psychologie et technologie rivalisent pour décrocher la couronne de l’efficacité, et il faut bien reconnaître que face à une activité rébarbative et répétitive, la carotte et le bâton restent les seules motivations valables. Le système est pérenne, quoique…

Selon certaines statistiques récentes, la nouvelle génération ne serait plus encline à reproduire l’ancien système; prête à troquer les congés payés pour un travail qui la passionne, bercée d’un fatalisme réaliste concernant l’AVS, cette « Génération Y » semblerait s’éloigner de cette règle séculaire…

Est-ce à dire que les vents du changement ont commencé à souffler ? Rien n’est moins sûr, les lois de l’échange restent ce qu’elles ont toujours été, mais à tout prendre, j’opterai tout de même pour la nourrissante carotte… mais alors bio !