AVSplus, un concept alléchant mais dangereux !

De l’époque où j’étais sur les bancs d’école, je me souviens d’un problème arithmétique à résoudre qui était le suivant:

Un bassin contient 200 litres d’eau, la chèvre d’alimentation débite 10 litres par minute, un tuyau plongé dans le bassin aspire par siphonnage 12 litres par minute pour arroser le jardin. Combien de temps faudra-t-il pour vider le bassin?

Au premier abord cela paraît extrêmement compliqué, mais en réfléchissant un tant soi peu, on se rend vite compte que le calcul est terriblement simple et qu’il ne faudra pas plus de 100 minutes pour vider totalement le bassin.

Le concept AVSplus est tout à fait comparable à ce problème, si l’on vide plus vite que l’on remplit, il faudra très peu de temps pour assécher le contenant. Notre système AVS créé en 1947 a pu remplir sa mission sur la durée grâce à une gestion équilibrée, mais l’équilibre est délicat et fragile, il faut très peu de chose pour rendre vulnérable ce système de soutien à la population retraitée qui est en augmentation.

Mieux vaut assurer une rente, certes, peut-être pas mirobolante pour certains, mais qui peut s’accompagner de mesures complémentaires ciblant ainsi au mieux les besoins individuels avec une garantie sur le long terme, plutôt que de déséquilibrer le tout et mettre à court terme l’ensemble des rentes en péril.

Le 19 novembre 2014 le Conseil fédéral a adopté le message relatif à la réforme «Prévoyance vieillesse 2020» pour le soumettre au Parlement. Cette réforme vise à assurer un financement suffisant des 1er et 2e piliers et à rendre plus flexible le passage à la retraite.

En acceptant l’initiative AVSplus, le projet de réforme de l’AVS sera ébranlé, ce qui ne sera profitable à personne.

Il est évidemment beaucoup plus populaire et porteur de faire miroiter une augmentation des rentes plutôt que d’en prôner la stagnation, mais le bon sens aide à comprendre qu’avec l’augmentation des bénéficiaires qui n’est plus en adéquation avec le nombre des cotisants, il faudra déjà de nouvelles ressources uniquement pour conserver l’acquis actuel.

Pour ces raisons, je voterai NON à l’initiative AVSplus le 25 septembre prochain.

Jean-Rémy Chevalley, municipal et député, Puidoux