Adjugé !

Michel Dentan | Ce mot magique, accompagné de l’immuable coup de marteau du commissaire priseur, formalise en une seconde le changement de main de plusieurs centaines de litres d’un précieux liquide. C’était en effet vendredi dernier qu’avait lieu à Cully, à la salle Davel, la mise aux enchères publiques de la récolte 2014 des vins des domaines de la commune de Bourg-en-Lavaux.

La 4e nouvelle édition
L’année 2015 marque la 4e édition de cette vente nouvelle formule depuis la fusion en 2011 des communes de Cully, Epesses, Grandvaux, Riex et Villette pour former celle de Bourg-en-Lavaux, succédant ainsi à 43 ans de la même manifestation organisée par la commune alors indépendante de Cully. A cette occasion, ce sont une centaine de personnes qui se sont rassemblées afin de participer à cette mise, non sans avoir auparavant dégusté et testé le nouveau millésime dans la cave communale de la Maison Jaune.

Une cave à la pointe de la technique
Ce lieu recèle au total 11 magnifiques vases de bois sculpté contenant, pour les plus grands, 5300 litres chacun, tandis que les plus petits peuvent accueillir 3300 litres de vin. Depuis la fusion des communes, la cave a été modernisée et chaque vase est équipé individuellement de régulateurs thermiques permettant un contrôle très précis de la vinification, augmentant encore ainsi sensiblement la qualité du produit.

Récolte diminuée mais qualité au top
Nous avons rencontré Christian Dubois, qui a maintenant confié la direction de son entreprise Les Frères Dubois SA à ses fils Frédéric et Grégoire, mais qui conserve cependant un poste dans la société. Il participait à sa 40e mise et continue à assurer avec sa famille, depuis toutes ces années, la vinification des vins de la commune. Il nous a confié que si l’année 2014 a effectivement connu quelques problèmes dus aux intempéries, plus particulièrement à la grêle, tout spécialement dans la région de Villette dont la récolte a ainsi diminué d’environ 50%, ceci n’a cependant aucunement altéré ce millésime qui semble prometteur, fournissant d’excellents produits racés, typés et recherchés, comme l’ont d’ailleurs démontré les prix en très forte hausse lors des adjudications, dépassant toutes les espérances des autorités communales. Même la fameuse mouche drosophilia suzukii n’a pas réussi à altérer cette qualité grâce au travail méthodique effectué lors de la récolte durant laquelle les grains touchés ont été éliminés un à un par les vendangeurs.

Les appellations
Les vins de la commune de Bourg-en-Lavaux proviennent des parcelles d’environ 13 hectares dont elle est propriétaire. Seuls environ 5 hectares sont destinés à la mise publique, soit 2 hectares produisant un Epesses, 2 autres hectares offrant un Villette, tandis qu’un dernier hectare est consacré au Calamin. Ces vins portent tous des appellations d’origine contrôlée (AOC). Ces vignes sont confiées aux bons soins de trois vignerons-tâcherons, Mélanie Weber, Gaël Cantoro et Daniel Lambelet, qui sont chargés de toutes les tâches de la vigne, jusqu’à la récolte. La partie vinification est ensuite assurée par la cave des Frères Dubois SA qui a pour mission d’amener les produits à une parfaite maturité et de les sublimer.

La mise publique
Après les trois traditionnels tirs au canon marquant l’ouverture de la manifestation, la mise aux enchères publiques a pu débuter sous l’autorité du commissaire-priseur Pascal Kramer, de Nyon, qui, tel un chef d’orchestre, l’a dirigée avec maestria. Auparavant, Nicole Gross, municipale chargée notamment des domaines viticoles, a ouvert la séance. Les vins étaient répartis en 56 lots allant de 225 à 1300 litres, de manière que chaque acheteur potentiel – professionnel, courtier ou particulier – ait la possibilité d’acquérir la quantité et la qualité souhaitée. Ce sont au total plus de 31’000 litres (7800 litres de Villette, 15’475 litres d’Epesses et 7775 litres de Calamin) qui ont été offerts à la vente. Les adjudicataires pouvaient à choix prendre possession de leurs achats en vrac et se charger de procéder eux-mêmes au conditionnement du produit ou utiliser la possibilité de se les faire livrer en bouteilles, étiquetées et «prêtes à l’emploi»! Merci à tous ces artisans de la vigne, quel que soit leur rôle, qui par leur travail assidu, parfois ingrat, font naître ces précieux nectars. A consommer bien sûr avec modération!